Virta est une clinique en ligne spécialisée, basée sur la science, utilisant la surveillance continue et à distance ainsi qu’un coaching intensif pour aider ses patients à inverser le diabète de type 2 et le prédiabète. Un contributeur unique à notre succès est l’exploitation et le maintien des avantages métaboliques de la cétose nutritionnelle. Certes, l’inversion du diabète est un objectif plutôt audacieux. En contraste avec l’American Diabetes Association (ADA) qui définit le diabète de type 2 comme une maladie progressive dont l’évolution peut au mieux être ralentie par des changements de mode de vie et des médicaments. En nous fondant sur des données scientifiques solides certaines anciennes et d’autres nouvelles nous ne l’approuvons pas. Il est peut-être temps de changer de paradigme.

Article publié par Virta Health aux USA, rédigé par les Docteurs Stephen Phinney et Jeff Volek le 4 octobre 2017. Vous pouvez retrouver l’article original en cliquant ici. Traduction avec l’aimable autorisation de Virta Health pour et par EatFat2BeFit.com.

 

“Il y a peu d’opportunité dans la vie de scientifiques médicaux d’avoir l’occasion de changer le cours d’une maladie majeure ; et encore moins de cas où nous réussissons réellement à le faire.”

 

En 1920, Frederick Banting découvrant que l’injection d’insuline peut contrôler le diabète de type 1 (DT1) en est un exemple. En conséquence, au cours du siècle dernier, des millions de personnes atteintes du DT1 ont mené une vie longue et heureuse ; alors qu’avant 1920, la plupart d’entre eux auraient succombé à cette maladie de défaillance de production d’insuline en moins d’un an.

 

Jeune patient traité à l’insuline vers les années 1920 (avant l’insuline a gauche, et 4 mois après le début du traitement à droite). Source : https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMbkrev58827

Cependant, le diabète de type 2 (DT2), est une maladie très différente qui touche des centaines de millions de personnes. Elle répond très mal à l’injection d’insuline. Alors que les patients atteints de DT1 ne peuvent pas fabriquer d’insuline, les personnes atteintes de DT2 produisent généralement beaucoup d’insuline, mais sont résistantes aux effets de celle-ci à travers une variété de fonctions cellulaires. Malgré ces faits connus depuis 50 ans, on nous enseigne que l’approche de base de la gestion du DT2 est de forcer le corps à fabriquer encore plus d’insuline ou de lui injecter plus d’insuline pour surmonter la résistance qui caractérise cette maladie. Mais, étude après étude, la prise en charge intensive du diabète de type 2 avec des médicaments entraîne des effets secondaires accrus et une augmentation du poids, sans parler du coût. [1] [2]

Une opportunité de changer la façon dont le diabète de type 2 ne serait pas seulement géré, mais plutôt inversé

L’insuline a de nombreux rôles en tant qu’hormone de signalisation, mais l’un des plus importants est d’amener les cellules à absorber le sucre dans le sang, dont la plus grande partie provient généralement de l’apport en glucides dans notre alimentation. Il est utile de considérer nos muscles et notre foie comme des réservoirs pour le stockage des glucides alimentaires, qui se présentent généralement sous la forme d’une vague de glucose sanguin après les repas. Si les canaux qui alimentent ces réservoirs sont obstrués, ils ne peuvent pas alimenter le réservoir, le glucose sanguin s’accumule, provoquant le diabète de type 2. Vu sous cet angle, il est logique que manger moins de glucides entraîne moins de glucose à s’accumuler en amont de ces réservoirs, et donc moins d’hyperglycémie. Dans le même temps, la réduction des niveaux d’insuline dans le sang facilite la libération accrue des graisses de stockage, ce qui permet à l’oxydation des graisses de devenir la principale source d’énergie de l’organisme.

Donc, face à l’absorption du glucose dans les cellules, quel est l’impact pratique de limiter les glucides dans son alimentation ? De toute évidence, manger moins de glucides réduit le besoin de son absorption dans les « réservoirs » cellulaires, mais y a-t-il des risques à manger moins de glucides ? La réponse rapide est oui ! La première et seconde semaine de restriction des glucides nécessitent des ajustements métaboliques majeurs par le corps, ainsi que des réductions rapides des traitements médicamenteux contre le diabète. Cependant, après seulement quelques semaines d’adaptation à un régime réduit en glucides, les avantages de cette réduction de glucides pour la plupart des personnes atteintes de diabète de type 2 l’emportent de loin sur les effets de la première semaine. Encore une fois, cela va à l’encontre des enseignements nutritionnels classiques, mais un peu d’histoire aide à comprendre cette dichotomie.

L’histoire du diabète de type 2, de l’agriculture et des glucides

Avec l’arrivée de l’agriculture il y a 10 000 ans, les aliments riches en glucides se sont répandus dans le monde entier et sont devenus des produits de base. Le blé, le riz, le maïs et les pommes de terre ont facilité de vastes expansions de populations humaines au niveau régional. Mais cette dépendance accrue aux glucides alimentaires en tant que principale source d’énergie semble avoir un prix. En 1987, le géographe renommé et auteur à succès Jared Diamond a souligné que l’archéologie nous enseigne que les humains ont perdu en taille (hauteur) et en longévité lorsqu’ils ont abandonné la chasse pour l’agriculture[3]. Et maintenant, au cours des 100 dernières années, nous avons affaire à une épidémie de DT2 qui semble avoir suivi notre amour du sucre et des glucides raffinés, tout en évitant les graisses alimentaires.

Il y a à peine 50 ans, nous avions le quart de la prévalence de diabètes de type 2 que nous connaissons aujourd’hui. Et, pour mémoire, ces nouveaux cas de DT2 sont tout aussi dommageables pour notre corps que lorsque moins de la moitié des personnes étaient atteintes. En d’autres termes, ce nouveau DT2 est tout aussi dangereux que l’ancien, et peut être étroitement lié à notre consommation accrue de glucides. Mais le plus important, nous savons maintenant précisément comment le fait de manger plus de glucides et moins de matières grasses augmente le risque de développer un diabète de type 2. En quelques mots, il s’agit de stress oxydatif et d’inflammation. Eh oui, il s’agit aussi des corps cétoniques, jusqu’à récemment considérés comme un « carburant alternatif » dérivé de la graisse et largement sous-estimé.

Stress oxydatif, inflammation et diabète de type 2

Au cours de la dernière décennie, le stress oxydatif et l’inflammation ont été identifiés comme des causes sous-jacentes clés du diabète de type 2 [4] [5] [6]. Ceci est potentiellement très important, car bien que le diabète de type 2 ait été connu pour être causé par la résistance à l’insuline, en dépit de 50 années de recherche intense, personne n’a été capable de déterminer la ou les causes profondes de la résistance à l’insuline. Nous savons maintenant que les corps cétoniques à des niveaux normaux – caractéristiques de la cétose nutritionnelle – réduisent le stress oxydatif et l’inflammation, et ces avantages peuvent être attribués aux actions des gènes avec lesquels nous sommes tous nés[7] [8]. Mais sans des niveaux modestes de corps cétoniques en circulation, ces défenses innées ne fonctionnent pas correctement. En d’autres termes, suivre un régime riche en glucides « éteint » nos défenses contre le stress oxydatif et l’inflammation, et cette désactivation à son tour contribue ou cause, la résistance à l’insuline. En outre, comme nous l’avons mentionné, plus nous consommons de glucides, plus la quantité de glucose à éliminer est grande, ce qui tend à augmenter encore la résistance à l’insuline – un double impact classique.

Le diabète de type 2 peut-il être inversé ?

Tout cela fait une belle histoire, mais jusqu’à récemment c’était un jeu hypothétique de causes et d’effets. Ce qu’il faut, c’est une preuve que le diabète de type 2 chez les humains peut être évité ou inversé en maintenant une consommation de glucides alimentaires à un niveau qui permet à la cétose nutritionnelle de se produire. Avant que l’insuline ne soit découverte et purifiée en 1920, à l’époque de la Grèce antique, le seul traitement contre le diabète était la famine totale ou une restriction sévère des glucides, mais aucune stratégie alimentaire pratique ne permettait d’en faire une solution durable.

Le tournant est survenu en 1976, quand l’étude[9] de Bistrian et al a rapporté sept cas d’inversion du diabète de type 2 pendant un an en utilisant un régime cétogène à très faible teneur en calories. Par la suite, il y a eu plusieurs tentatives pour confirmer et étendre cette publication avant-gardiste[10] [11] [12] [13]. Mais toutes ces études cliniques ont utilisé un régime cétogène durant seulement quelques mois, suivi d’un retour à une alimentation riche en glucides. Dans l’étude[14] Dashti et al ont été rapportés une série de 30 cas de DT2 inversés par un régime cétogène sur 56 semaines, mais ils n’ont pas indiqué combien de patients étaient initialement enrôlés, ni quels médicaments, le cas échéant, ont été pris par ces patients.

Nous avons de nombreuses anecdotes de personnes atteintes d’un diabète de type 2 qui ont utilisé un régime cétogène bien formulé à long terme pour perdre du poids, mais surtout, beaucoup d’entre elles ont aussi ramené leur glycémie à la normale pendant des années sans médicaments[15]. Alors que certains affirment que cette situation est simplement un effet de la perte de poids, l’étude[16] de Boden et al a démontré des améliorations spectaculaires dans le contrôle de la glycémie et la sensibilité à l’insuline en seulement deux semaines lorsqu’un régime cétogène a été consommé à satiété. Ceci est cohérent avec les observations des études de Shimazu[17], Newman[18], et Youm[19] montrant que les niveaux sanguins modestes de corps cétoniques régulent directement les gènes qui nous protègent contre le stress oxydatif, la résistance à l’insuline et l’inflammation.

Et aujourd’hui chez Virta Health nous sommes en train de réaliser une étude[20] en collaboration avec l’Indiana University Health sur 262 patients atteints de DT2  coachés pour suivre un régime cétogène bien formulé et étroitement soutenus par des soins continus à distance. Après 70 jours, 92% de ces patients sont toujours sous notre surveillance, les taux d’HbA1c ont été réduits de 7,5% à 6,5%, les médicaments contre le diabète ont été réduits de plus de 45% et le poids a diminué de 7%.

Ce qui nous ramène à la question suivante : le diabète de type 2 peut-il être inversé ? Étant donné les découvertes récentes selon lesquelles le bêta-hydroxybutyrate déclenche des réductions spectaculaires du stress oxydatif et de l’inflammation, réduisant ainsi la cause profonde de la résistance à l’insuline, une seule question demeure : un régime cétogène bien formulé peut-il être suivi à long terme ? Si la réponse à cette question est oui, il s’ensuit que le diabète de type 2 peut définitivement être inversé.

Il est bon d’améliorer les biomarqueurs du diabète comme l’HbA1c ou la glycémie à jeun pendant quelques mois ou même un an. Le faire tout en réduisant la consommation de médicaments et en réduisant l’excès de poids est encore mieux. Mais si ces avantages ne peuvent pas être maintenus, ce n’est qu’un tour supplémentaire de montagnes russes que tant de personnes atteintes de diabète de type 2 ont déjà connu. La pièce maîtresse de ce puzzle est la pérennité.

Il est très difficile d’amener de vraies personnes à changer radicalement ce qu’elles mangent et à continuer de le faire pendant des années. La plupart des personnes atteintes de DT2 ont été éduquées avec la nécessité d’augmenter la dépense énergétique par l’exercice, d’éviter les graisses alimentaires, de manger des « glucides sains » et de limiter les calories. Inverser ce paradigme de traitement en échec nécessite une éducation et un coaching ciblé, mais ce processus est facilité lorsqu’il produit des résultats positifs qui renforcent la volonté du patient. Un succès précoce et soutenu avec un meilleur contrôle de la glycémie, une utilisation réduite des médicaments et une perte de poids médicalement significative engendre l’autonomisation des patients ainsi que des résultats positifs.

 

Que signifie le terme « inversion du diabète » ?

  • Nous l’appelons « inversion du diabète » parce que la plupart des personnes peuvent maintenir des valeurs de glycémie inférieures à la gamme de diabète tant qu’elles maintiennent un régime cétogène. Cependant, dans la plupart des cas*, s’ils retournent à un régime riche en glucides, leur diabète reviendra. C’est donc un état d’inversion, et non une guérison.
  • Nous utilisons le terme « inversion » si la glycémie à jeun hebdomadaire moyenne demeure inférieure à 126 mg/dL, ou si l’HbA1c demeure inférieur à 6,5% sans médicaments contre le diabète, à l’exception de la metformine. Nous excluons la metformine de cette liste de médicaments parce qu’il n’y a aucune raison de l’arrêter chez la plupart des personnes dont le diabète a été inversé. Cela parce qu’il a été démontré chez l’Homme qu’il empêche la progression du prédiabète au diabète, et parce qu’il a également été démontré chez l’animal qu’il prolonge la vie et la santé.
  • Bien que de nombreux cas de groupes présentant des améliorations spectaculaires dans le contrôle du diabète grâce à l’utilisation à court et moyen terme des régimes cétogènes ont été rapportés, il n’y en a aucun rapportant un suivi rigoureux par un groupe avec succès sur plus d’une année. Notre étude Virta Health / Indiana University fera état de ces résultats à 1 an, 2 ans, puis 5 ans.

Nous nous attendons à ce que la majorité de nos patients restent dans la gamme des non-diabétiques après 1 puis 2 ans d’arrêt de toute médication contre le diabète autre que la metformine. Si nous atteignons cet objectif, nous aurons jeté les bases d’une révision du paradigme du traitement du diabète de type 2. Vous pouvez suivre nos résultats ici.

 

 * Nous avons souligné le mot “la plupart” ci-dessus parce qu’il n’y a pas d’absolu dans les soins médicaux. On nous demande souvent si tous ceux que nous traitons doivent rester en cétose nutritionnelle à long terme pour tenir leur diabète de type 2 à distance. La bonne réponse est “non” ; certaines personnes peuvent maintenir l’inversion de leur diabète sans niveaux appréciables de corps cétoniques. Mais ils sont une minorité parmi les nombreuses personnes que nous traitons, et nous nous engageons à aider chaque patient à tracer un parcours personnalisé. Pour la majorité d’entre eux, en particulier ceux qui commencent avec le plus haut degré de résistance à l’insuline, la cétose nutritionnelle reste un outil puissant et nécessaire pour inverser cette maladie jusqu’ici progressive.

Références :

[1] https://doi.org/10.1056/NEJMoa0802743

[2] https://doi.org/10.1016/S0140-6736(98)07019-6

[3] http://discovermagazine.com/1987/may/02-the-worst-mistake-in-the-history-of-the-human-race

[4] https://doi.org/10.2337/diabetes.52.7.1799

[5] https://doi.org/10.1038/nri2925

[6] https://doi.org/10.1172/JCI92035

[7] https://doi.org/10.1126/science.1227166

[8] https://doi.org/10.1016/j.diabres.2014.08.009

[9] https://doi.org/10.2337/diab.25.6.494

[10] https://doi.org/10.1016/0002-9343(94)90302-6

[11] https://doi.org/10.2337/dc15-1942

[12] https://dx.doi.org/10.1186%2F1743-7075-3-22

[13] https://doi.org/10.2337/dc11-0685

[14] https://doi.org/10.1007/s11010-007-9448-z

[15] Page de 133 – 137 de « The Art and Science of Low Carbohydrate Performance » – Volek & Phinney

[16] https://doi.org/10.7326/0003-4819-142-6-200503150-00006

[17] https://doi.org/10.1126/science.1227166

[18] https://doi.org/10.1016/j.diabres.2014.08.009

[19] https://doi.org/10.1038/nm.3804

[20] http://doi.org/10.2196/diabetes.6981

6 Commentaires
  1. Martial Rusch 2 semaines Il y a

    Merci pour cet article très intéressant !

  2. Annick Da Silva 2 semaines Il y a

    Merci Ulrich
    Je vais certainement pouvoir mieux en parler ,j’ai beaucoup de personnes autour de moi avec un diabète de type 2 qui ont du mal à sauter le pas !

  3. Sylvia Biret 6 jours Il y a

    J’ai commencé l’alimentation LCHF mi-avril dernier grâce à vous, Nelly et Ulrich, d’abord parce que j’avais découvert une poussée de diabète assez inquiétante et aussi pour changer ma façon de me nourrir (prise de poids, fatigue après les repas, mauvais sommeil, …).
    Mon taux de glycémie était alors de 1,43g, ce qui est énorme et sans avoir pris de médicaments le 3 juillet, soit deux mois et demi après le commencement de cette alimentation mon taux de glycémie était redescendu à 1,13! Je n’étais plus diabétique et je me maintiens à ce taux pour l’instant.
    Merci à vous deux de m’avoir fait connaître cette nouvelle façon de vivre.

  4. Carole Bruyant 3 jours Il y a

    Quand je vois comment a fini ma grand mère, je comprends de mieux en mieux que si le diabète l’a tuée, on l’a bien aidée aussi à le cultiver… Bref, la science progresse aussi via ses erreurs, à condition qu’elle sache en tirer un enseignement, j’espère que “ça” fera son chemin… Merci Ulrich !

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