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Témoignage de Carole : le régime cétogène contre le cancer du sein de grade IV

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Carole a été d’abord touchée par un cancer du sein de grade III qu’elle pensait guéri. Puis on lui annonce un cancer de grade IV avec métastases. Elle nous raconte son parcours, sa découverte du régime cétogène ainsi que son utilisation pour combattre la maladie et enfin la bonne nouvelle …

EatFat2BeFit : Nous tenons à vous remercier pour cet entretien Carole. Par expérience nous savons que rendre publique sa lutte contre la maladie n’est pas chose facile. Tout d’abord pouvez-vous vous présenter, et nous expliquer votre façon de vous alimenter avant la maladie et quel était votre mode de vie au sens large ?

 

Carole : Avant la maladie et même pendant et après le grade III, je vivais une vie à cent à l’heure. Hyper speed, touche à tout, une idée à la minute, je courais constamment plusieurs projets à la fois en parallèle de mes activités professionnelles (cinq vers la fin de mon cancer de grade III). J’en ai même rajouté une à la fin de mes traitements certainement comme un signe de revanche sur la vie. J’ai compris quand le stade IV est arrivé que je faisais fausse route avec mon hyperactivité.

 

Quoi qu’il en soit mon alimentation correspondait – comme pour beaucoup de monde – à mon rythme de vie. C’est-à-dire pour le midi « de la restauration rapide » le plus souvent. Au mieux du type « buddha bowl healthy », au pire un sandwich club, un pan bagnat, un libanais, des frites… Le plus souvent accompagné d’un petit dessert plus ou moins calorique sans oublier mon éternel coca zéro pour « faire couler » !

 

En semaine je mangeais rarement le matin mais je me rattrapais copieusement le week-end. Avec ma famille, nous avions pour tradition d’organiser des brunchs gargantuesques. C’est-à-dire qu’un repas de famille ordinaire à côté de ça, pourrait passer pour un petit goûter ! Quiche, pissaladière, œufs, fromage, pains de toutes sortes, viennoiseries, soufflé au citron et jus d’orange frais, c’était le minimum !

 

Nos dîners étaient généralement « équilibrés ». Le moment avec les enfants où l’on échange, on rigole et on mange sans se soucier réellement de notre satiété. Je cuisinais certes des légumes mais la base restait essentiellement des glucides (pâtes sous toutes leurs formes, couscous, pomme de terre en gratin…). Grands amateurs de pains dans la famille, nous prenions souvent du fromage avec en fin de repas. Pour quasiment chaque dîner un fruit, un une pâtisserie ou un dessert industriel lacté venait clôturer nos repas.

 

En fait il n’y avait que la viande et la charcuterie que je ne mangeais quasiment jamais sans être pour autant végétarienne.

 

EatFat2BeFit : Pouvez-vous nous expliquer un peu plus votre maladie, votre premier diagnostic de cancer du sein de grade III, comment a-t-il été traité ?

 

Carole : Je sentais depuis quelque temps quelque chose sur le dessus de mon sein droit. Seulement, avec mon alimentation assez riche, je faisais régulièrement des régimes amaigrissants et lors de mon avant-dernière perte de poids conséquente (de l’ordre de plus de dix kilos) j’avais déjà ressenti comme une grosseur à cet endroit. C’était en 2011, on m’avait alors immédiatement envoyé passer une mammographie. Les conclusions furent basées sur ma perte de poids, suffisamment importante pour que la graisse perdue laisse apparaître le muscle de façon plus saillante. Raison pour laquelle j’avais cette sensation nouvelle au toucher. 

 

Fin 2017, j’ai perdu de nouveau environ neuf kilos. Aussi quand j’ai senti cette forme sur le sein en février 2018 je ne me suis pas inquiétée. J’ai pensé qu’à nouveau je sentais mon muscle. Deux mois plus tard, jugeant que cela grossissait je suis allée consulter. On m’a diagnostiqué une tumeur de plus de sept centimètres et trois ganglions touchés du côté droit.

 

Partant de là j’ai parcouru le protocole classique dans l’ordre suivant : trois grosses chimios toutes les trois semaines, suivies de neuf plus supportables toutes les semaines de septembre 2018 à janvier 2019. La tumeur n’avait pas suffisamment diminué pour éviter l’ablation mais assez pour conserver l’enveloppe. On m’a donc opéré le sein et ôté neuf ganglions le 4 mars 2019 et reconstruite immédiatement. En mai j’ai débuté les rayons jusqu’au 3 juin 2019.

 

Parallèlement au traitement médical j’avais entendu dire que le cancer et le sucre allaient de mèche. J’ai donc arrêté les sucres rapides et je ne buvais plus du tout d’alcool (sans être une grande consommatrice à la base). Une thérapeute m’accompagnait psychologiquement et pour stopper le feu des rayons j’ai fait appel à une énergéticienne. Au niveau des compléments alimentaires, une naturopathe m’a fait découvrir la mycothérapie. J’ai donc pris pendant toute la durée des traitements des gélules à base de champignons qui m’ont bien aidée à supporter la chimio avec laquelle j’avais bien failli y passer. Je ne pesais plus bien lourd pendant les deux premiers mois de traitement.

 

EatFat2BeFit : Vous avez 43 ans et ce sont des épreuves difficiles que vous partagez avec nous. Mais ce n’est malheureusement pas terminé. C’est ensuite un problème au genou qui vous pousse à consulter et alors on découvre une aggravation de votre cancer du sein avec des métastases sur le squelette ? Quelle est la situation exactement à ce moment-là ?

 

Carole : En effet je pensais avoir un problème méniscal depuis plusieurs mois quand on a découvert que c’était une tumeur qui rongeait la tête de fémur gauche. En fait depuis les dernières chimios en janvier 2019, je me plaignais de douleurs, particulièrement aux articulations. L’équipe soignante me disait toujours que cela faisait partie des effets secondaires de la chimio qui disparaîtraient à la fin du traitement. J’ai donc pris mon mal en patience et effectivement les douleurs ont disparu dans les deux mois qui ont suivi sauf au genou gauche. Comme je vis toujours à cent à l’heure et que je jouais une pièce de théâtre dans laquelle je tombais chaque soir sur le genou gauche j’ai laissé passer le temps sans m’inquiéter, pensant que j’avais dû me fissurer le ménisque. En juillet les douleurs étaient devenues constantes donc j’ai consulté un spécialiste. La radio ne montrant rien d’anormal, il m’a été prescrit des séances de kiné. Seulement au moment de les débuter, sans aucune raison apparente, j’ai fait un rejet de la prothèse posée quatre mois avant, m’obligeant à me faire hospitaliser une semaine pour son retrait. Dix jours après ma sortie de l’hôpital j’ai fait une hémorragie interne à la suite de la dernière opération. À ce moment-là le genou est devenu secondaire jusqu’à ce que j’en vienne à prendre des béquilles quelques mois plus tard. En activité sur une nouvelle pièce de théâtre, j’ai donc décidé de serrer les dents pour me laisser une chance de finir toutes les représentations. Malgré mes efforts, je n’en ai pas eu la possibilité car le confinement est arrivé. J’ai dû attendre le mois d’avril pour revoir le spécialiste. À ce moment-là il a demandé une IRM puis un scanner et on m’a appris que c’était une tumeur de la taille d’une boîte d’allumettes familiale. 

 

De là, une nouvelle biopsie, un nouveau PET Scan, révélant six tumeurs au total sur le squelette. Donc cinq autres, mais beaucoup plus petites. Deux d’entre elles positionnées sur la colonne vertébrale menaçaient la moëlle épinière et ont provoqué en moi pour la toute première fois un réel sentiment d’urgence pour ma survie.

 

J’ai également découvert que le seul et unique PET Scan réalisé pour le stade III de mon cancer avait été arrêté à mi-cuisse. On ne peut donc pas savoir si le cancer avait déjà atteint un stade métastatique en juillet 2018. Dans le fond peu importe, puisque dans l’affirmative, cela implique que les métastases ont résisté à la chimiothérapie.

 

On m’a donc fait des rayons sur le genou pour stopper la douleur essentiellement, puis on m’a prescrit divers traitements oraux dont l’hormonothérapie, que dieu soit loué j’avais refusé de prendre au moment où j’ai fait le rejet de la prothèse.

 

Je dis « dieu soit loué » car les premiers effets secondaires de ce traitement dans les cinq ans au minimum étant d’une part la prise de poids (tendance naturelle dans mon cas sans traitement) et d’autre part des douleurs articulaires ou osseuses que j’avais déjà suffisamment endurées. Je voulais qu’on me fiche la paix. Si j’avais accepté l’hormonothérapie, je ne me serais jamais inquiétée du signal de mes douleurs au genou…

 

Ce qui m’a donc poussé à la remise en question totale de mon alimentation, venue donc de ce sentiment d’urgence vitale, de ne plus suivre le protocole comme « un toutou », et d’être actrice de ma guérison.

 

Si à l’époque du stade III de mon cancer, j’ai enlevé les sucres rapides de mon régime alimentaire, alors qu’aucun oncologue ne me l’avait conseillé, c’était seulement parce que ma naturopathe pharmacologue me l’avait vivement recommandé. J’ai essayé sans plus de conviction, car on reçoit tellement d’informations souvent contradictoires dans un moment difficile de sa vie. Je n’arrivais plus à penser par moi-même ni à faire mes choix en conscience. D’autant que le corps médical exerce une pression très forte quand vous vous écartez du chemin qu’il a balisé pour vous.

 

J’ai commencé à prendre ma guérison en main au moment où je pensais être guérie. Et l’avenir m’a prouvé qu’agir c’est guérir.

Il faut bien comprendre qu’avec le PET Scan il y a ce qu’on voit et ce que l’on ne voit pas. Je suis persuadée que la tumeur au genou était déjà là dès le début, mais que les autres tumeurs étaient alors trop petites pour être détectables. Comme ils ont arrêté à mi-cuisse l’examen on n’avait aucune chance de la voir. Je ne considère pas cela comme une négligence de leur part. Seulement une simple échographie de contrôle à la fin des traitements me parait « très léger » même si je ne prône pas les examens à tout va.

 

À ce moment-là j’ai commencé non pas à douter de la médecine, mais à prendre conscience que la guérison ne viendrait pas QUE de la médecine. Elle ne viendrait pas non plus de tous les « on dit » mais plutôt de mon expérience.

Le déclic concernant le sucre s’est fait quand j’ai appris que le PET Scan révélait les tumeurs grâce à l’injection d’un produit radioactif ajouté à du glucose.

 

EatFat2BeFit : Malheureusement Carole, l’expérience que vous relatez confirme ce que d’autres ont aussi pu vivre. Votre prise de conscience et votre décision de devenir acteur de votre guérison sont déterminantes dans votre processus de guérison. Continuons à comprendre votre cheminement si vous le voulez bien. Quelle était votre alimentation au moment où l’on vous a diagnostiqué les métastases ?

 

Carole : À la fin des traitements du grade III en juin 2019, je ne mangeais toujours pas de desserts et ne buvait pas d’alcool. Je ne buvais plus non plus mon fameux COCA ZERO depuis quasiment un an. Seulement quand j’ai fait l’hémorragie dix jours après le rejet de la prothèse, j’ai été obligée d’annuler un superbe voyage planifié depuis des mois avec mon mari et les enfants pour fêter ma guérison. À ce moment-là, pour la première fois, j’ai ressenti une telle injustice, une telle colère qu’une fois sortie de l’hôpital mon mari a décidé de laisser les enfants aux grands-parents et de m’emmener me reposer dans un bel hôtel niché au cœur de la forêt.

 

Le matin ils proposaient un buffet hallucinant et le soir un menu en 4 plats de fins gourmets. À ce moment-là j’ai donc recommencé à manger sucré en me disant « tu ne l’as pas volé avec tout ce que tu as enduré ». Après l’été 2019 je n’ai pas repris mon régime sans sucres rapides mais plutôt mes bonnes vieilles habitudes. Après la période des fêtes de Noël, je mangeais comme avant mon cancer. J’étais revenue à mon alimentation de départ et j’ai repris 4 kilos de trop sans m’en rendre compte.

 

EatFat2BeFit : Puis vous découvrez le jeûne et le régime cétogène sur les conseils de votre kiné ? Mais votre oncologue n’est pas très enthousiaste. Racontez-nous votre découverte du régime cétogène et sa mise en place.

 

Carole : Quand j’ai compris que j’étais passée au stade IV de mon cancer, que la durée de vie moyenne était de 26 mois et que d’après les médecins au mieux on ralentirait la progression de la maladie, j’allais tellement bien hormis ma douleur au genou que je me suis dit « non je ne rentrerai pas dans leurs statistiques ». Pour ne pas y rentrer il fallait faire autre chose que suivre bêtement le nouveau protocole. Les traitements médicamenteux ok mais pas seulement ! 

 

Je me suis d’abord dit que j’allais trouver une clinique spécialisée, à l’étranger s’il le fallait, ne trouvant pas en France, pour effectuer de longues périodes de jeûnes sous assistance médicale. Le problème c’est que plus je cherchais plus je lisais qu’il était vivement déconseillé de faire ce genre de jeûne dans le cadre d’un cancer sous peine d’affaiblir mon organisme et surtout de perdre en muscle. Ce qui dans mon cas était inenvisageable, ma tête de fémur gauche étant rongée aux deux tiers, je risquais la fracture. Le traitement que je prenais affaiblissant considérablement les défenses immunitaires, une opération serait un risque considérable. Mon avis est que les jeûnes paraissent plus préconisés sur de courtes périodes entourant une séance de chimio par exemple.

 

Néanmoins, plusieurs fois mes recherches m’ont amenée sur la piste du régime cétogène plutôt que celle du jeûne. J’en ai parlé à ma kiné en lui apprenant la nouvelle et de suite elle m’a donné des bouquins pour que je me lance. Trouvant le système de calcul fastidieux, j’ai décidé de prendre un rendez-vous chez une nutritionniste spécialisée pour qu’elle me guide. J’avais déjà fait trois jours de menus cétogènes quand je l’ai rencontrée. 

 

Elle-même avait eu un cancer dix ans auparavant et mangeait plus ou moins ainsi depuis. Cela m’a donc motivée. De plus il n’y a qu’à la voir physiquement pour comprendre qu’elle est raccord avec ce dont elle parle. Ça me sidère toujours de voir des nutritionnistes qui vous disent comment manger pour garder la ligne alors qu’eux-mêmes ont nombre de kilos à perdre !

 

Dans un premier temps elle m’a conseillé de ne pas me prendre la tête avec les ratios, le changement de vie étant déjà suffisamment important à mettre en place. Elle m’a proposé de suivre un plan de repas type pour être sous la barre des 25 grammes de glucides journaliers autorisés. J’ai débuté le 24 avril 2020 soit 3 mois avant le premier PET Scan de contrôle, durant la phase d’une nouvelle série de rayons préalable aux traitements par voie orale.

 

EatFat2BeFit : Vous suivez donc un régime cétogène strict à moins de 25g de glucides nets par jour. Le PET Scan de contrôle a-t-il donné des résultats positifs au bout de seulement 3 mois ?

 

Carole : Sur les six tumeurs métastatiques de départ, plus que quatre « matchaient ». La plus petite sur la colonne et celle sur la 7ème côte avaient disparu. La plus grosse sur la colonne ainsi que sur le fémur droit ne se voyaient quasiment plus. Enfin celle sur ma hanche ainsi que la grosse au niveau de mon genou gauche avaient diminué de plus de 50%. Mon fémur gauche montrait même des signes de reconstruction !

 

Pourtant le corps médical m’avait bien préparée à cet examen, m’expliquant qu’en seulement deux fois trois semaines de traitement, et ayant dû baisser le dosage lors du deuxième cycle, il ne fallait pas que je m’attende à un quelconque résultat. En filigrane ce contrôle était réalisé pour surveiller les tumeurs sur la colonne afin de préserver la moëlle épinière par des séances de rayons au besoin.

 

Mon oncologue était lui-même très surpris d’un tel résultat en si peu de temps. Le même oncologue qui m’avait rigolé au nez lorsque je lui avais demandé la permission de suivre un régime cétogène. Me disant : « ça ou rien ce sera pareil. Vous imaginez bien que si ça ne tenait qu’à l’alimentation ce serait trop simple ». Trop simple ? Mais pourquoi tout le monde ne s’y met pas alors si c’est si simple de vivre à contre-courant de la société ? 

 

Bien sûr il doit se dire, un stade IV c’est le stade ultime, on ne va pas la faire suer pour ce qui lui reste à vivre avec des frustrations alimentaires en plus ! Mais pourquoi ne pas au moins proposer un régime cétogène comme il propose son médicament ? Laisser le choix au patient de le tenter ou pas. De voir si en effet ce sera trop de contraintes ou non pour la personne. Car au départ oui ça peut paraître insurmontable de remettre son alimentation en question à ce point-là mais c’est l’affaire de quinze jours difficiles. Après de nouvelles habitudes surgissent.

 

EatFat2BeFit : En effet Carole, il est toujours aussi surprenant de constater qu’en 2020 le régime cétogène n’est toujours pas proposé pour accompagner un patient luttant contre un cancer. Étant donné la littérature scientifique déjà disponible, on est en droit de se demander si c’est une négligence isolée ou plus grave encore… En particulier pour les cancers où tout l’arsenal thérapeutique a déjà été essayé. D’ailleurs nous attendons avec impatience les résultats de la toute dernière étude sur le régime cétogène  menée depuis 2017 pour votre cancer.  Avez-vous continué le régime cétogène après ce PET Scan de contrôle ?

 

Carole : Alors on pourrait s’attendre à ce que je réponde par un grand « OUI » très enthousiaste mais ça n’a pas été le cas, même si j’ai bien continué à manger cétogène. Je ne sais pas si c’est l’euphorie de ces bons résultats ou la période de congés annuels qui est arrivée, teintée de déconfinement, mais j’ai décidé la chose suivante : comme j’allais être contrôlée régulièrement j’allais pouvoir tester des adaptations alimentaires et voir quelle incidence cela pourrait avoir sur mes métastases.

 

Ainsi tout ce mois d’août 2020, j’ai réintégré le fromage quotidiennement ou presque. Au départ tout se passait bien. Cependant à partir de la fin du mois d’août, plus moyen d’avoir un transit normal. Ce qui était pourtant un des premiers effets positifs du régime cétogène, constaté durant les trois premiers mois.

 

C’est la raison pour laquelle j’ai mis du temps à vous accorder cette interview. Je me suis mise à douter. Je ne savais pas pourquoi si soudainement cela avait changé car les produits laitiers font partie de l’alimentation cétogène. En prime j’étais hyper fatiguée alors que je revenais de congés.

 

J’ai donc décidé d’arrêter le fromage courant septembre et mon état a commencé à s’améliorer petit à petit. Sans revenir à ce qu’il était pour autant.

 

Du coup fin septembre j’ai pensé arrêter le régime cétogène et passer peut-être à un régime hypocalorique plus classique. Mais d’expérience je savais, avec la multitude de régimes restrictifs déjà essayés par le passé, que je serais en état de frustration permanente, toujours obnubilée par le fait de manger durant ces périodes de restriction, donc toujours en stress.

 

Je savais aussi que chaque fois j’avais des fringales quand je suivais une diète particulière, que mon poids faisait le yoyo, ce que je n’aimais pas du tout.

 

Même durant le stade III de mon cancer, arrêter uniquement le sucré avait souvent été ressenti comme déprimant. Seule la question de vie ou de mort derrière me permettait de tenir, mais je sais ce qu’il m’en coûtait.

 

Avec le régime cétogène le seul désagrément (si toutefois cela en est un), c’est de devoir tout cuisiner. De ne pas pouvoir passer à la boulangerie du coin prendre son pain « KETO » vous voyez ce que je veux dire ? Certes, c’est parfois pesant mais à côté de tout ce que j’endurais avant quand je passais à table ou devant la glace, c’est peu de chose ! La culpabilité, les prises de tête, les restrictions, les craquages… Depuis cinq mois et demi je mange les quantités que je veux, je mange des « desserts cétogènes » quasiment à chaque repas et je ne grossis plus. Je suis petit à petit revenue à mon poids de mes dix-huit ans (j’en ai 44) et je n’en bouge plus.

 

Avec le régime cétogène je soigne mes problèmes de poids et mon cancer en même temps. En demander plus pourrait me faire passer pour une enfant gâtée, non ?  Alors j’ai continué mais j’ai préféré attendre de le ressentir profondément avant d’accepter de répondre à votre interview. 

 

D’autant que question « médecines parallèles » difficile de compter sur la « médecine traditionnelle » pour répondre à vos questions objectivement. Mon oncologue m’encourage uniquement à prendre le médicament et ne considère pas le régime cétogène. Ou alors si je lui rappelle qu’en Allemagne ses homologues proposent aux patients qui le souhaitent de suivre un régime cétogène pour accompagner les traitements, il me répond laconiquement « oui mais nous on n’a pas d’études sur le sujet » !

 

Également j’ai pu constater à quel point le traitement IBRANCE (le palbociclib est un inhibiteur de deux kinases dépendantes des cyclines) avait une énorme incidence sur mon corps et donc a pu contribuer à mes doutes. Je le prends depuis le mois de juin 2020 et j’ai déjà fait deux neutropénies de grade 3. Sans globules blancs pas de défenses immunitaires, par conséquent un transit malmené malgré tout ce que je peux lui apporter de meilleur dans mon alimentation. Au départ j’ai mis mes troubles digestifs sur le compte de ma consommation soudaine de fromage et je pense qu’en effet ça n’aidait pas. Cela étant, être sous antibiotiques trois semaines par mois, car l’IBRANCE c’est ni plus ni moins que ça, forcément, ça n’aide pas ma flore intestinale.

 

Donc à présent je suis en paix avec ma nutrition, je m’accorde du fromage de temps en temps et parfois une coupe de champagne. Pour le reste je fais des couscous, des spaghettis alle vongole, des moules frites, des riz coco crevettes et autres petits plats gourmands sans utiliser de pâtes, de semoule ou de pomme de terre… je me serre de toutes les astuces glanées de-ci de-là, pour créer mes plats et desserts cétogènes. Et comme j’entends souvent mon mari le dire, c’est fou à quel point on mange varié en régime cétogène !

 

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EatFat2BeFit : Il est triste d’entendre qu’en France, en 2020, un oncologue puisse répondre qu’il n’a pas d’études sur le régime cétogène contre le cancer du sein. La prochaine fois que vous le voyez en consultation, vous pourrez lui transmettre nos coordonnées et nous serons heureux de lui fournir les publications scientifiques qui lui manquent. Continuons notre entretien. Le régime cétogène était-il votre première tentative avec une méthode « non conventionnelle » pour vous aider à guérir ?

 

Carole : On peut dire que oui. Au stade III de mon cancer, j’avais une aide psychologique et le soutien d’une naturopathe, mais des compléments alimentaires et une psy ne sont pas ce que j’appellerai des méthodes non conventionnelles. Cependant j’ai fait appel à une énergéticienne, ou une guérisseuse, donnez le nom qu’il vous plaira, pour remédier aux brûlures occasionnées par les rayons. Et le résultat fut stupéfiant !

Cela étant, j’avais suivi par le plus grand des hasards dix ans plus tôt, des personnes décrétées en phase terminale par la médecine. Selon ces médecins il ne leur restait (pour la plus chanceuse de ces personnes) que six mois à vivre et la plus touchée un mois seulement. Quatorze personnes faisaient partie de ce groupe. Avec elles j’ai découvert une forme de théâtre thérapeutique qui m’a convaincue aux vues des résultats. Seulement, étant une habituée des comédies et de l’esprit de café-théâtre, l’ambiance n’était forcément pas aussi joviale et au bout de deux ans je suis repartie faire du théâtre « normal » si je puis dire. Toujours est-il que sur ces quatorze personnes décrétées en phase terminale de leur vie, 12 sont toujours en vie 10 ans plus tard. Ici, l’aide ne consistait pas en une diète spécifique, certes. Je pense d’ailleurs que l’alimentation ne peut (peut-être pas) tout guérir ; toutefois peut-on négliger cette croissance de maladies chroniques comme le diabète, l’obésité, les cancers, les problèmes digestifs… Qui ne cessent d’augmenter malgré les progrès de la médecine ? Ou bien est-ce parce qu’il y a un ou plusieurs autres domaines sur lesquels nous ne progressons pas ?

 

Je suis également interpellée que l’être humain soit la seule espèce animale ayant des problèmes de poids. Et à fortiori que les seuls animaux qui rencontrent des problèmes de poids soient ceux que l’être humain nourrit !

 

EatFat2BeFit : Nous partageons votre constat Carole. Il est triste de constater que la médecine se focalise uniquement sur la guérison avec des médicaments de maladies qui prennent comme origine notre assiette et notre mode de vie. Tant que ce dogme restera en place, nous n’avancerons pas. Pour mieux comprendre votre rémission, expliquez-nous comment se sont passés vos débuts en cétose ? Avez-vous démarré de manière stricte sans écarts, ou y êtes-vous allée progressivement ?

 

Carole : Alors comme je l’ai dit j’ai commencé avec un livre de recettes : Céto Cuisine de Magali Walkowicz. Je l’ai utilisé pendant 3 jours afin d’avoir un rapide aperçu avant de rencontrer la nutritionniste spécialisée.

Cette dernière m’a recommandé de ne pas trop suivre cet auteur car ce livre fait la part belle aux produits laitiers. Ces derniers favorisant l’inflammation, ils ne sont donc pas recommandés en cas de cancer (selon elle).

Une fois sortie du rendez-vous avec le plan de mes menus cétogènes types, je suis rentrée et j’ai vidé toute ma cuisine des produits et condiments qui ne rentraient pas dans le régime cétogène. Je me suis dit « si j’y vais petit à petit je vais être tentée, je vais craquer ». Je ne vous cache pas que l’idée d’enlever aussi les produits laitiers m’avait mis un coup au moral. Donc j’y suis allée franchement. Et produits laitiers ou pas, je me suis régalée. 

 

EatFat2BeFit : Nous préconisons aussi dans notre formation complète au régime cétogène, la Céto-Academy, ainsi que dans notre livre Le Grand Livre de l’Alimentation Cétogène, de bien comprendre le régime cétogène puis de faire le tri dans les placards. C’est la seule solution pour éviter les tentations inutiles. Avez-vous été fatiguée Carole, avez-vous éprouvé d’autres effets indésirables lors de la phase d’adaptation les deux premières semaines ?

 

Carole : En effet tout n’a pas été rose loin de là. Les trois premiers jours, rien à signaler. J’ai fait mon premier test de bandelettes urinaires le matin du quatrième jour et j’étais dans une cétose élevée. Ensuite, globalement jusqu’au quinzième jour, j’ai eu des migraines incroyables et l’énergie au ras des pâquerettes. Mon mari qui avait décidé de manger comme moi pour me soutenir avait une haleine d’acétone et le pire c’était le moral quand j’allais faire mes courses. Rentrer dans le supermarché en sachant que je ne pourrais y acheter que 10 % de ce qui y était vendu me rendait amère. Tout me faisait envie. Sans parler du temps de lire toutes les étiquettes pour débusquer les sucres ajoutés. Même dans des cornichons vous pouvez en trouver c’est stupéfiant !

J’ai décidé de ne plus accepter d’invitation ou de sortir au restaurant jusqu’à nouvel ordre afin de ne pas être tentée, frustrée, etc… Bon le confinement qui n’était pas encore terminé fin avril m’a bien aidée !

Passé quinze jours, j’ai atteint un état de forme que je ne me connaissais plus. J’avais de l’énergie à revendre. Côté transit moi qui avait régulièrement, pour ne pas dire fréquemment, des selles molles et des douleurs abdominales récurrentes, du jour au lendemain tout est rentré dans l’ordre. Aller aux toilettes ne posait plus le moindre problème et je n’avais plus jamais mal au ventre. Dès le début du régime cétogène j’ai commencé à maigrir petit à petit. Je pense que quelqu’un qui applique ce régime alimentaire scrupuleusement en mangeant les menus types proposés dans les bouquins spécialisés doit maigrir beaucoup plus vite encore. Seulement moi, je savais que je voulais manger cétogène sur le long terme et non pas le faire pour maigrir rapidement.

 

Quoi qu’il en soit je n’ai pas eu un poids aussi stable depuis mes 18 ans ! Pour mon mari c’est pareil. Ce qui nous surprend le plus c’est de ne jamais plus avoir ces fringales que nous connaissions, ni la sensation d’avoir trop manger. Alors certes on aimerait bien pouvoir rentrer dans un restaurant et avoir que du « cétogène » au menu à tous les coups. Malgré tout, on trouve des astuces pour prendre avec nous de quoi nous rassasier si on ne peut pas manger par exemple avant d’aller au cinéma. Les copains se sont mis au pli aussi. Après tout, viande ou poisson avec des légumes c’est simple, s’ils proposent des féculents je n’en mange pas et basta. Souvent j’amène un cake aux olives cétogène pour compenser et des petits muffins cétogènes pour le dessert et comme ça je n’éprouve pas la moindre frustration.

 

Notre premier restaurant on l’a fait 2 mois après avoir débuté le régime cétogène. On avait choisi un restaurant de fruits de mer pour ne pas avoir de problème et on s’est régalé ! Depuis aller au restaurant ne pose plus vraiment de problème, on trouve toujours un moyen de s’adapter. Même pour les vacances on a choisi une formule club avec des buffets. Ainsi nous étions certains d’avoir le choix et rassurés sur le fait que je n’ai rien à cuisiner durant les vacances. Pour la première fois, je suis rentrée de mes congés d’été sans avoir pris le moindre gramme.

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EatFat2BeFit : Bravo Carole pour votre Céto-Adaptation. C’est un point important à comprendre et nous avons toujours souligné son importance aussi bien dans notre livre que dans la Céto-Academy. Les apports en sel (sodium) sont particulièrement importants pour éviter la sensation de mal de tête que vous avez éprouvée les premiers jours. Mesurez-vous toujours votre cétose et si oui comment ?

 

Carole : Je l’ai mesurée quotidiennement pendant un mois et demi au départ à l’aide des bandelettes urinaires. Au début elles se colorent vivement puis plus faiblement par la suite. Le pharmacien m’a expliqué qu’au départ le changement est marquant donc plus détectable. Ensuite le corps est habitué à fabriquer des corps cétoniques et à les utiliser donc la coloration est plus faible. Depuis je fais des contrôles aléatoires et ils sont quasiment toujours positifs, c’est tout ce qui compte.

 

De toutes les manières je sens vite quand je suis limite. Une barre douloureuse s’imprime en travers de mon front. Si je m’arrête de manger et que je bois beaucoup d’eau ça passe vite. Quand il m’est arrivé de faire de plus gros écarts, dès le surlendemain j’étais revenue dans les clous. Cela fait plus de 7 mois à présent et je suis réglée comme une horloge !

 

EatFat2BeFit : En effet, votre pharmacien vous a donné la bonne information. Les bandelettes urinaires ne sont qu’un simple indicateur, très peu précis. Comment la professionnelle de santé qui vous a accompagnée dans cette démarche a calibré vos repas, vos apports en macronutriments par exemple ?

 

Carole :  Là pour le coup je ne m’y intéresse pas du tout. Je me contente de suivre le même plan de menus sur une journée que celui conseillé par la diététicienne. Elle a délibérément pris le parti de ne pas prendre le risque d’une démotivation en me laissant dans une cuisine à « calculer », en plus de tout ce qu’il fallait adapter dans ma vie.

 

J’ai régulièrement des prises de sang. D’une part par le centre de cancérologie par rapport à mon traitement, d’autre part par la diététicienne et mise à part le magnésium je ne manque de rien.

 

EatFat2BeFit : Avez-vous écarté volontairement certains aliments pour la lutte contre votre cancer du sein ? Je pense aux produits laitiers par exemple, aux produits à base de soja ou autres ?

 

Carole : Comme je le disais plus haut les produits laitiers ne font pas partie de ma base alimentaire même s’il m’arrive d’en consommer épisodiquement. Par exemple si je suis en déplacement ou si j’ai envie de compenser l’absence de dessert cétogène dans un restaurant par exemple.

 

Tout ce qui est à base de soja a été également supprimé mais je n’en fais pas non plus un cas de conscience s’il m’en arrive dans mon assiette.

 

La diététicienne a également voulu que j’écarte toute forme d’édulcorant pour que je perde le goût du sucre. Et j’avoue que c’est le meilleur conseil que j’ai pu entendre. Avant j’avais horreur du chocolat noir. Maintenant il m’arrive de consommer fréquemment du chocolat 100% avec une fraise ou une framboise par exemple.

 

EatFat2BeFit : Prenez-vous des compléments alimentaires ? Si oui lesquels ? Si non, comptez-vous le faire ?

 

Carole : Je prends du magnésium et de la vitamine D.

 

EatFat2BeFit : Qui cuisine à la maison, et quelles ont été vos difficultés en cuisine avec le régime cétogène ?

 

Carole : C’est moi quasiment exclusivement qui cuisine. Mon mari m’aide de temps en temps sur la partie légumes à la plancha, sardines au barbecue, etc. L’un comme l’autre, nous n’éprouvons aucune difficulté à cuisiner. J’avoue que le Thermomix aide bien pour pulvériser les graines, travailler des sauces, faire le pain.

 

EatFat2BeFit : Comment se passe concrètement une journée au niveau alimentaire ?

 

Carole : En gros mes journées sont construites sur le plan suivant : je ne prends généralement pas de petit déjeuner et si j’en prends un il se compose d’un pudding de chias ou d’un granola cétogène par exemple. Je bois une ou deux tisanes par jour, avec une cuillère à café d’huile de coco dedans.

 

Le midi comme le soir les repas se composent généralement d’une entrée comportant souvent un avocat. Si je ne le mets pas le midi je le mets le soir. Une source de protéine suffisante, du coup je mange plus de viande mais toujours d’une grande qualité, élevée en extérieur avec une alimentation naturelle. Pareil pour les poissons exclusivement de la pêche locale. Sinon des œufs, une boite de sardines ou de maquereau. Avec des légumes généralement bio ou des produits locaux, cuits de différentes façons ou en tarte par exemple. Et d’une façon ou d’une autre je remplace les féculents par des pâtes ou du riz de konjac, des frites de céleri rave (occasionnellement), des tagliatelles de courgettes, de la semoule de chou-fleur… 

 

En dessert je mange quelques fruits rouges, un pancake ou un gâteau cétogène.

Souvent vers 16 ou 17h je mange quelques graines ou une cuillère de purée d’amandes.

 

Pour faire simple, petit à petit j’adapte mes anciennes recettes en mode « cétogène » (produits laitiers en moins) et ça me plait. Je me suis dit que pour tenir il ne fallait pas que j’enlève mais que je remplace.  

 

EatFat2BeFit : Quels sont les nouveaux aliments que vous avez introduits dans votre alimentation ?

 

Carole : Chou-fleur, céleri rave, brocolis, chocolat 100%, Konjac, psyllium, farine de coco, de lupin, poudre d’amandes, vanille en poudre…

 

L’avocat bien sûr. J’en mangeais avant mais pas à cette fréquence. L’huile de coco, les noix de macadamia, du brésil, de pécan… je ne connaissais pas avant. Les laits végétaux d’amande ou de coco aussi sont une belle découverte.

 

Ensuite il y a des aliments ou des épices que je connaissais mais j’ai appris à les utiliser différemment et je me passionne de plus en plus pour les sauces !

 

EatFat2BeFit : Quels sont les aliments que vous aimiez et que vous ne mangez plus ? Quel degré de difficulté pour vous cela a représenté de les bannir ?

 

Carole : Une chose me manque réellement ce sont les fruits. Certainement du fait que j’en mange un tout petit peu encore.  Du coup c’est dur de ne pas pouvoir en manger d’avantage sachant que ce sont des produits naturels et que j’adore ça. C’est ma plus grande difficulté. Je l’ai contournée en cuisinant des gâteaux avec une pomme ou banane par exemple. Ainsi je peux prendre une part et sentir réellement le goût du fruit tout en consommant une quantité raisonnable en termes de glucides.

 

J’adorais les pâtes sous toutes leurs formes, les frites maison, les religieuses au café, soufflé au citron, pain classique ou varié, etc. Cela étant, je trouve cela étonnant de ne pas ressentir plus de manque que ça. Ce matin par exemple j’étais dans un hôtel avec un buffet de petit-déjeuner hallucinant ; bien sûr que les crêpes avaient l’air délicieuses, tout comme les cakes ou les viennoiseries mais je ne suis plus attirée et n’éprouve donc pas de frustration.

 

Et si j’ai vraiment une attirance pour quelque chose, par exemple si je mange au restaurant avec des amis, plutôt que de me frustrer je demande à goûter un petit morceau. Si cela m’est arrivé quelques fois dans les premiers mois, c’est devenu très rare. Car étant déshabituée du goût du sucre, si ça ne me crée pas de dégoût, je ne ressens pas de réel plaisir non plus. Donc à quoi bon tenter le diable ?

 

EatFat2BeFit : « Les fruits sont les bonbons de la nature » le dit si bien le Dr Eric Westman. En fait, nous imaginons que les fruits que nous connaissons tous sont naturels, mais il n’y a rien de plus faux puisqu’ils ne sont rien d’autre qu’une production industrielle mise au point par croisements génétiques. Dans la Céto-Academy, nous avons publié ce que sont les véritables fruits que la nature propose. Ils n’ont rien de commun avec les bombes à sucre que nous connaissons. Aucune chance de raffoler d’une banane, petite, pleine de graines et amère. Continuons ce passionnant entretien si vous le voulez bien Carole. Aimez-vous manger en général ? Considérez-vous le régime cétogène comme savoureux ou incompatible avec le plaisir de manger ?

 

Carole : Moi ? J’adore manger vous voulez dire. Du plaisir dans la bouche à la convivialité du moment tout est un plaisir lors d’un repas. Cela dit avant le cétogène c’était toujours un cas de conscience de passer à table. J’avais du mal à me freiner, je n’écoutais pas mes sensations de faim, si je me resservais je culpabilisais et j’étais constamment en lutte pour rester plus ou moins mince.

 

Aujourd’hui ça n’arrive plus jamais. Le moment à table est en quiétude, toutes ces recettes explorées sont aussi bonnes les unes que les autres et curieusement je n’explique pas pourquoi je ressens si fort les saveurs des aliments maintenant. Donc c’est un mode alimentaire ultra savoureux avec lequel je redécouvre le plaisir de passer à table.

 

EatFat2BeFit : Vous nous avez dit lors d’un échange que pour vous les repas à l’extérieur, au restaurant ou en famille étaient devenus compliqués ? Quels sont les problèmes que vous rencontrez avec le régime cétogène hors de chez vous ?

 

Carole : Comme je le disais plus haut, on ne peut pas sortir à 22H du ciné et prendre un sandwich en passant. Il faut prévoir à présent. 

Parfois je peux comprendre que même avertie une personne atteinte d’un cancer ne passe pas le pas du régime cétogène. Le traitement n’est qu’une pilule à avaler alors que cette alimentation vous devez la créer. Au début j’avais de réels coups de blues. Parce qu’il faut du temps pour la maîtriser, parce que se sevrer du sucre n’est pas chose aisée, parce que la médecine vous donne une moyenne de durée de vie et que vous êtes en droit de vous dire « à quoi bon » par moment. Puis la crise de blues passe, vous vous sentez en pleine forme (personne ne pouvait s’imaginer ce que j’avais en me voyant) et là on se rend compte qu’on peut passer à table chaque jour sans plus avoir peur de grossir ! Rien que ça, pour moi, c’est révolutionnaire. Si en prime ça m’a aidée à guérir de ce cancer alors il faudrait être folle de ne pas le continuer.

 

Depuis que nous avons eu cet échange j’ai recommencé à accepter chaque invitation à diner sans sortir de cétose. J’ai pu constater que je pouvais partir en vacances sans avoir à cuisiner et m’en sortir très bien. Aller au restaurant ne me pose plus de problème. J’ai découvert des barres « healthy » qui sont très nourrissantes pour un faible taux de glucides nets. J’ai pris des habitudes à la maison pour faire des petites préparations rapides en passant, histoire d’avoir toujours quelque chose de disponible rapidement.

 

Je me suis rendu compte à quel point, en société, j’ai beaucoup plus de facilité à m’adapter que si j’étais végan. Dans les restaurants par exemple vous trouvez toujours une viande ou un poisson et des légumes. Bon, on ne peut pas maitriser le sucre utilisé pour faire des sauces notamment mais en se renseignant au moment de la commande je suis à même de choisir ce qu’il y a de mieux pour moi.

 

Le seul manque dans les restaurants c’est la partie dessert. Mais de plus en plus proposent des laitages, des fruits rouges bien souvent. Une nouvelle énergie s’opère dans notre alimentation. Plus ce sevrage du sucre et ses bienfaits, (ne serait-ce que pour la stabilité du poids) seront connus, plus on aura des restaurants qui proposeront ce type de nourriture. La preuve aujourd’hui la majorité des restaurants en France proposent au moins un plat végétarien dans leur menu. Ils ne peuvent se passer de la part de marché que représentent les végétariens. Il en sera de même pour le sucre tôt ou tard j’en suis persuadée.   

 

EatFat2BeFit : Est-ce désormais votre alimentation – une sorte de philosophie alimentaire – ou bien pensez-vous cesser de manger cétogène un jour ?

 

Carole : Je viens de passer un nouveau PET Scan de contrôle après 5 mois de traitements et 7 mois d’alimentation cétogène. Le résultat est stupéfiant. Je n’ai plus aucune tumeur ! Donc définitivement « oui » c’est désormais mon alimentation mais pas une philosophie. J’entends par là que de ne pas manger ce qui provient de l’animal c’est une philosophie dans le sens où c’est avant tout par égard à la condition animale. Et c’est très respectable. M’alimenter de façon cétogène n’a pas le mérite de sauver qui que ce soit à part moi. Par le passé j’ai arrêté pendant plusieurs années de manger de la viande sans constater de réelle différence sur mon corps (à part pour la viande rouge). Quand j’ai stoppé les glucides le changement fut fulgurant. Cela dit je ne prêche que pour ma paroisse. Ce qui a marché pour moi, je ne peux le garantir à quiconque. Il n’y a que par l’expérience qu’on peut savoir. Trop de fois on a tendance à parler de ce qu’on ne connait pas. Arrêter la viande ne m’a posé aucune difficulté en son temps. Arrêter le sucre m’a appris ce que pouvait ressentir un drogué avec ses crises de manque. Le pouvoir addictif de cette substance est phénoménal.

 

EatFat2BeFit : Bravo Carole ! Passer d’un cancer du sein métastasé de grade IV, à une absence de tumeur au PET Scan n’est pas une balade de santé. Je pense pouvoir dire, qu’en étant devenu une véritable actrice de votre guérison, le mérite vous en revient. Quels conseils donneriez-vous à ceux qui hésitent à franchir le pas ? À ceux qui démarrent et particulièrement à ceux qui luttent contre un cancer et hésitent à utiliser le régime cétogène pour les aider ?

 

Carole : Je leur dirai en tout premier lieu de se faire accompagner par un spécialiste et de demander l’autorisation à son oncologue car je crois qu’il y a un ou deux cancers pour lesquels le régime cétogène n’est pas conseillé. Enfin sur les 2000 qui existent il y a de la marge !

 

Si le spécialiste vous noie dans les calculs, ne pas abandonner et adapter des recettes que vous aimez. Par exemple le couscous à la semoule de chou-fleur, vous ne faites pas la différence avec la vraie semoule pour ainsi dire. C’est bluffant et il y a plein d’autres exemples.

 

Les menus types que je vois dans les livres jusque-là sont tous dans l’optique de maigrir. Donc en ce qui me concerne ne me nourrissent pas assez. Aussi je rajoute une entrée (crudités, soupes, œuf à la coque…) à chaque repas systématiquement et bien souvent une petite « fausse touche sucrée » cétogène à la fin. Ainsi les recettes me donnent de nouvelles idées et même en complétant ces menus cela ne m’empêche pas d’être en cétose ni de maigrir.

 

Les quinze premiers jours risquent d’être difficiles mais passé ce délai vous devriez être dans une forme olympique avec un transit au top ! Mon mari ça a été encore plus rapide que pour moi. En attendant ce délai pour ceux qui ont des problèmes de poids vous commencerez à maigrir dès le troisième jour ça vous motivera !

 

Pour celles et ceux qui ont un cancer je ne peux évidemment que conseiller de le tester, cela étant je conseillerai avant tout de faire ce que bon vous semble sans prise de tête supplémentaire. Si vous vous sentez de le faire allez-y foncez. Si cela vous prend la tête cherchez un moyen détourné avec des restaurants healthy, faites au plus simple des recettes et peut-être pas de façon aussi radicale que ce que j’ai fait. Mais dans ce cas ne vous attendez pas à des résultats aussi rapides sous peine de perdre votre motivation.

 

Il faut savoir qu’autour de moi trois couples ont décidé de s’y mettre voyant ma métamorphose et mon état de forme malgré les traitements. Les trois modes opératoires ont été les suivants, n’ayant pas de cancer, ils ont juste arrêté le sucre rapide pendant quelque temps. Une fois vidés les placards petit à petit de tout produit non utilisés dans l’alimentation cétogène, ils se sont lancés totalement dans le sans glucides et pour l’instant pas de rechute.

 

Pour ceux concernés par un cancer, il est certain que cette maladie provient d’une cause multifactorielle dont l’alimentation fait partie en pointant du doigt le sucre en tout premier lieu. Il me parait raisonnable de vouloir m’alimenter différemment pour vivre plus longtemps, mais c’est une décision qui appartient à chacun. Enlever une addiction comme le tabac ou le sucre demande au départ de prendre une décision et au final de s’y tenir. Entre les deux, la créativité aidera toujours plus que la volonté à mon sens.

 

EatFat2BeFit : Après désormais plus de sept mois de régime cétogène, quel bilan faites-vous des résultats et de la balance entre les avantages et les inconvénients ?

 

Carole : Un des effets les plus courants de l’hormonothérapie c’est la prise de poids. Je n’ai pas été aussi mince depuis mes dix-huit ans. J’avais des douleurs abdominales ultra fréquentes je n’en ai plus. Je ne compte plus le nombre de fois que les gens me disent à quel point j’ai bonne mine. J’aimerais manger n’importe où, n’importe quoi qui soit bon pour ma santé mais la réalité est ce qu’elle est. Entre m’alimenter pour être mince et en meilleure santé ou m’alimenter pour grossir, culpabiliser, devoir maigrir pour me sentir mieux et me frustrer avec des diètes drastiques, j’ai choisi de m’alimenter pour être mince et en meilleure santé.

 

EatFat2BeFit : Merci sincèrement pour ce long et précieux témoignage Carole. Depuis la création de notre site en 2015, nous avons à cœur d’aider tout le monde grâce au régime cétogène. Tout est lié autour de la réduction des glucides dans notre assiette. Aussi surprenant que ça puisse paraitre, l’obésité, le diabète, la migraine, le cancer, l’hypertension sont des problèmes de santé ayant la même origine. C’est pour cette raison que nous avons pris la décision de parler de régime cétogène au sens large, pour toutes les applications. Votre témoignage démontre une fois de plus qu’il n’y a aucune raison de vouloir cloisonner le régime cétogène selon les objectifs. Quand on réduit ses apports en glucides les bienfaits apportés dépassent toujours l’objectif initial. Un dernier mot pour nos lecteurs Carole ?

 

Carole : Je pourrais trouver une sorte de compromis en mangeant de très petites portions de glucides par rapport au reste des aliments dans mon assiette mais cela serait encore plus compliqué. Le shoot de sucre ne serait pas suffisant et mon corps en réclamerait plus comme il l’a toujours fait. À mon avis mieux vaut se déshabituer totalement des glucides.

 

Quel que soit le choix de notre alimentation on aura des avantages et des inconvénients. Personnellement je choisis celui qui me procure le plus d’avantages. Car dans les deux cas, cétogène ou pas, j’aime ce que je mange.

 

  • Avec le cétogène il faut que je cuisine tout, c’est le seul inconvénient du cétogène. Tout le reste n’est qu’avantage, comme un retour au fonctionnement naturel du corps.
  • Avec l’alimentation basée sur les glucides je peux me servir n’importe où, c’est le seul avantage de l’alimentation « classique ». Tout le reste est un inconvénient pour ma santé.

Je pense qu’on peut faire une tranche aussi fine qu’on veut elle aura toujours deux côtés. À nous de voir quel est celui qu’on préfère vivre au quotidien.

 

EatFat2BeFit : Nous vous remercions pour ce témoignage Carole qui sera sans aucun doute très utile.

Note : Si vous aussi vous souhaitez apporter votre témoignage de l’alimentation cétogène aussi bien pour rester en forme que pour perdre du poids, dans le cadre d’une performance sportive ou pour lutter contre la maladie, n’hésitez pas à nous contacter, car chaque expérience partagée est précieuse.

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3 réponses sur « Témoignage de Carole : le régime cétogène contre le cancer du sein de grade IV »

Beaucoup d’émotions en lisant ce témoignage, il me fait forcément écho, on a le même âge et j’ai moi même été atteinte d’un cancer du sein stade II puis III il y a 5 ans. Je me reconnais dans les trois quarts de ce récit… y compris le besoin d’être actrice de ma guérison (j’ai refusé une partie du protocole) et l’incompréhension de l’oncologue face à mon changement d’alimentation (même à ce jour, résultats à l’appui il n’admet pas que l’alimentation cetogene puisse avoir changé quoique ce soit… alors que le 1er conseil qu’il m’avait donné était d’arrêter de consommer tout aliment transformé 🤷‍♀️)
La seule différence est que moi je n’ai quadi pas perdu de poids, même en étant très stricte et je suis même allée jusqu’à tenter le zero carb, mais rien n’y fait. J’ai de gros problèmes de sommeil depuis toujours c’est sûrement là que le bât blesse…
Bref, bravo pour ce magnifique parcours, qui me donne tellement de beaume au coeur car dans mon entourage personne ne me soutient ni comprend mon alimentation, même si mes IRM de contrôle sont parfaits depuis le LCHF (sans compter les dents, plus jamais de carrie), je sais que je suis dans le vrai et ce beau témoignage ne fait que renforcer ce sentiment.
Encore bravo et longue vie à vous! 🙏

Merci pour ton commentaire @severinecourreges
De façon très simplifié, la santé, c’est une chaine composée de nombreux maillons. Comme on le sait, la résistance de la chaine tient seulement à la résistance du maillon le plus faible… Pour la santé, c’est la même chose. On peut faire les choses à 99% très bien, ce sont les 1% qui nous mettront en échec.
Ainsi pour la perte de poids, tu peux faire du sport, tu peux avoir un régime cétogène très bien formulé, si par exemple tu as un très mauvais sommeil, une production de mélatonine impactée, si tu as un métabolisme de base très bas, s’il te manque un micronutriment important comme l’iode pour la production d’hormones thyroïdiennes, ou de sélénium pour la conversion, ou encore si tu as dans ton patrimoine génétique un polymorphisme nucléotidique (SNP) qui te prédispose à ce que tu es, il faut le comprendre, chercher, identifier puis agir… Ce sont des centaines d’options possibles… C’est un véritable travail d’enquête. Peu de professionnels de la santé le font, peu de patients sont prêt à consacrer temps et argent pour ça. C’est pour cette raison que j’essaie de sensibiliser tout le monde sur ces options, car au niveau individuel, nous pouvons faire ce travail d’enquête pour trouver le bon chemin pour soi et ainsi atteindre son objectif… Je ne vois rien d’impossible dans tout ça, je vois juste du temps, beaucoup de travail et d’implication. 🙂

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