L’insuline, pourquoi nous grossissons, et que pouvons-nous y faire ?

insuline pourquoi nous grossissons

Cet article sur l’insuline Ă  Ă©tĂ© Ă©crit par Marty Kendall

Marty a fondĂ© le site optimisingnutrition qui est vĂ©ritablement remarquable par la qualitĂ© des informations offertes ainsi que par la vulgarisation du sujet permettant sa comprĂ©hension par des personnes n’ayant pas de formation mĂ©dicale. EatFat2BeFit vous recommande chaudement de suivre son site et son travail si vous avez la chance de bien comprendre l’anglais. Pour ceux dont ce n’est pas le cas, nous avons traduit cet article qui vous apprendra dĂ©jĂ  beaucoup de choses.

Vous pouvez trouver l’article original en suivant ce lien.

  • Bien que les protĂ©ines ne soulèvent pas le taux de sucre dans le sang autant que les glucides, il faut encore de l’insuline.
  • Les graisses alimentaires ne soulèvent pas votre glycĂ©mie et ne sont pas insulinogĂ©niques.
  • La Nutrition optimale est de maximiser les micronutriments tout en gĂ©rant votre charge de glucose afin que votre pancrĂ©as puisse suivre.
  • En plus de gĂ©rer les hydrates de carbone (glucides) et la modĂ©ration des protĂ©ines, manger plus de fibres et maximiser sa nutrition, il est important d’optimiser sa graisse corporelle et de normaliser sa glycĂ©mie.

Contexte

Gary Taubes [1] a permis une plus large acceptation de la thĂ©orie hormonale de l’obĂ©sitĂ© avec ses livres Good Calories Bad Calories (uniquement en anglais) et pourquoi on grossit.
La thĂ©orie hormonale de l’obĂ©sitĂ© tourne autour de l’idĂ©e que la nourriture que nous mangeons affecte nos niveaux d’insuline qui Ă  son tour rĂ©git combien de graisse est stockĂ©e ou utilisĂ©e comme combustible. [2] [3]

Avec un accent mis principalement sur les glucides, Taubes n’a pas attaquĂ© directement le fait que la protĂ©ine exige Ă©galement de l’insuline, en dĂ©clarant:

«L’hypothèse a toujours Ă©tĂ© que l’impact des protĂ©ines est faible par rapport Ă  celui des glucides, et qu’il est minorĂ© du fait que les protĂ©ines prennent beaucoup plus de temps Ă  ĂŞtre digĂ©rĂ©es». [4]

C’est vrai dans une certaine mesure, mais une meilleure comprĂ©hension de l’effet insulinogĂ©nique des protĂ©ines pourrait nous aider Ă  affiner la thĂ©orie hormonale de l’obĂ©sitĂ© et notre capacitĂ© Ă  amĂ©liorer le contrĂ´le de la glycĂ©mie, en particulier pour ceux qui ne sont pas en mesure d’atteindre leurs objectifs par une simple rĂ©duction de leur consommation de glucides.
RĂ©cemment des gens comme Stephen D. Phinney [5] et Jimmy Moore [6] ont apportĂ© une attention accrue sur la diète cĂ©togène qui prĂ´ne une approche alimentaire avec une rĂ©duction de la consommation de glucides. L’une des observations est la mesure des cĂ©tones dans le sang pour essayer d’atteindre la cĂ©tose nutritionnelle et qu’en plus de limiter la consommation de glucides, les protĂ©ines doivent ĂŞtre modĂ©rĂ©es afin d’enregistrer des niveaux de cĂ©tones dans le sang significatifs. Trop de protĂ©ines augmentent l’insuline et rĂ©duit la combustion des graisses.
Ainsi, en utilisant l’analogie de Gary Taubes [7], ce que les donnĂ©es de l’index de l’insuline [8] nous aide Ă  dĂ©terminer c’est comme : « pousser la roche un peu plus haut sur ​​la colline ».

Est-ce que les calories comptent ?

Les antagonistes de la thĂ©orie hormonale, basĂ©s sur de nombreuses Ă©tudes sur l’obĂ©sitĂ©, montrent que si vous mettez des gens dans une situation identique et que vous les nourrissez d’un certain nombre de calories, puis que vous leurs faites faire les mĂŞmes exercices, ils vont perdre ou gagner Ă  peu près la mĂŞme quantitĂ© de poids indĂ©pendamment de la composition de l’alimentation en macronutriments. [9]
Cela peut être en grande partie vrai, à part quelques exceptions comme nous le verrons ci-dessous. Cependant, dans le monde réel la plupart des gens mangent quand ils ont faim et arrêtent quand ils sont rassasiés. La plupart des gens ne comptent pas chaque morceau qui entre dans leur bouche.
Il ne devrait pas être nécessaire de contrôler consciemment notre appétit. Comme le souligne la communauté Paléo, en quelque sorte, nous semblons avoir fait assez bien la régulation de notre propre appétit avant ces dernières décennies. Quelque chose semble donc avoir changé pour le mauvais sens. [10]

La plupart des Ă©tudes sur l’alimentation faible en glucides permettent au groupe faible en glucides de manger Ă  satiĂ©tĂ© tandis que le groupe faible en gras doit compter les calories de sorte qu’ils ne dĂ©passent pas la consommation cible. Cependant, mĂŞme dans ces conditions, le groupe Ă  faible teneur en glucides gagne gĂ©nĂ©ralement. [11] [12]

Trouver une façon de manger qui va nous satisfaire, avec moins de calories, n’est-ce pas le Saint Graal alimentaire ? Quand un « rĂ©gime » devient agrĂ©able et s’autorĂ©gule, il n’y a plus de « rĂ©gime », ça devient juste une façon de manger !
Alors qu’en est-il des approches diététiques riches en lipides que les gens utilisent avec satisfaction, avec moins de calories ?

Quel est le rĂ´le de l’insuline ?

L’hormone insuline est une rĂ©alitĂ© tangible dans ma famille. Nous en avons des flacons dans le frigo !
Ma femme a dĂ©clarĂ© un diabète de type 1 il y a plus de 30 ans et porte une pompe pour s’administrer de l’insuline en journĂ©e et des doses supplĂ©mentaires aux repas.
L’aider Ă  affiner ses doses d’insuline est devenu un passe-temps rĂ©gulier pour moi, surtout Ă  travers ses deux grossesses pour essayer de donner Ă  nos enfants la meilleure santĂ© possible.
Je pense qu’il est utile d’examiner les diabĂ©tiques pour voir ce qui se passe quand nous avons trop ou pas assez d’insuline
Les diabĂ©tiques de type 1, avant qu’ils ne commencent l’injection d’insuline, sont gĂ©nĂ©ralement en train de dĂ©pĂ©rir parce que leur pancrĂ©as a cessĂ© de faire assez d’insuline. De faibles niveaux extrĂŞmes d’insuline provoquent chez eux l’utilisation de la graisse corporelle et des protĂ©ines des muscles comme carburant Ă  un point qu’ils dĂ©pĂ©rissent.
Ă€ l’autre extrĂŞme, les diabĂ©tiques constatent souvent qu’ils prennent du poids rapidement quand ils commencent l’injection d’insuline. L’insuline est une hormone anabolisante qui règle la façon dont grandissent nos muscles ainsi que le stockage de la graisse.
L’image ci-dessous montre “JL” l’un des premiers diabĂ©tiques de type 1 ayant reçu de l’insuline en 1922. La photo sur la gauche a Ă©tĂ© prise juste après le diagnostic mais avant l’injection de l’insuline. La photo sur la droite est le mĂŞme enfant deux mois après le dĂ©but des injections d’insuline.

DĂ©couvrez ce post pour voir les photos de mes enfants quand ils sont nĂ©s, après avoir passĂ© neuf mois dans un environnement de haute insuline. Il est difficile d’argumenter qu’ils sont nĂ©s gros en raison de la gourmandise et de la paresse in utero !
Je trouve cette explication de Robert Lustig utile pour comprendre comment l’insuline affecte notre appĂ©tit, les niveaux d’Ă©nergie et le stockage des graisses.

Si nous consommons des repas très insulinogĂ©niques une fraction de l’énergie absorbĂ©e est stockĂ©e chaque fois que nous mangeons. Malheureusement, cette nourriture excĂ©dentaire ne nous aide pas Ă  nous sentir rassasiĂ© ou Ă  fournir plus d’Ă©nergie, elle est juste stockĂ©e sous forme de graisse et nous continuerons Ă  manger plus au repas suivant. Si nous essayons de limiter la quantitĂ© de calories pour perdre du poids, nous nous sentons morose, nous avons un faible niveau d’énergie et notre mĂ©tabolisme de base se rĂ©gule Ă  la baisse pour compenser!

Ce tableau de Richard Feinman de The World Turned Upside Down illustre le processus de stockage cumulatif des graisses dans un environnement de haute insuline.

 

L’approche « Atkins » recommande que vous rĂ©duisiez vos glucides Ă  moins de 20 g par jour pendant les deux semaines dites de « phase de dĂ©marrage » et vous permet ensuite de les augmenter lentement jusqu’au point ou vous arrĂŞtez de perdre du poids. [13]

Avec Atkins il n’y a aucune considĂ©ration de l’effet insulinogĂ©nique des protĂ©ines. Graisses et protĂ©ines sont illimitĂ©es tant que vous limitez les glucides. Le problème est que si vous augmentez les protĂ©ines mais que vous avez toujours peur d’augmenter votre consommation de lipides, vous ne pouvez pas obtenir une rĂ©duction suffisante de l’insuline pour permettre Ă  votre corps d’accĂ©der correctement au stock de graisse corporel comme carburant.

Richard Feinman utilise l’analogie que l’insuline est comme un robinet qui contrĂ´le le stockage des graisses. Sans des niveaux Ă©levĂ©s d’insuline nous ne pouvons pas stocker autant de graisse, et donc nous avons plus de calories disponibles pour l’Ă©nergie et donc nous ne sentons plus le besoin de manger autant.

Inversement, si nous mangeons des repas qui gĂ©nèrent moins d’insuline, nous serons plus susceptibles d’ĂŞtre en mesure d’accĂ©der Ă  nos rĂ©serves de graisse corporelle pour fabriquer de l’énergie (cĂ©tose nutritionnelle).

Ce flux net d’Ă©nergie Ă  partir de (plutĂ´t que dans) nos cellules graisseuses nous permet d’avoir un peu moins faim Ă  chaque repas parce que nous obtenons nos calories Ă  partir de nos rĂ©serves de graisse, et donc nous sommes moins susceptibles de trop manger inconsciemment.

Timing de nos repas

Dans le passĂ©, la communautĂ© des nutritionnistes s’est inspirĂ©e de la communautĂ© de la musculation comme modèle Ă  suivre. Les culturistes mangent souvent cinq ou six repas par jour pour s’assurer qu’ils gagnent du muscle et « garder leur mĂ©tabolisme Ă©levĂ© ». Les fabricants d’aliments ont Ă©tĂ© que trop disposĂ©s Ă  concevoir des aliments pour chaque occasion, avec une industrie en plein essor de supplĂ©ments de protĂ©ines.

Le problème est que sauf si vous ĂŞtes un bodybuilder visant l’augmentation de masse sèche, travaillant intensĂ©ment, planifiant soigneusement ses repas et le suivi de toutes les calories, l’augmentation de la frĂ©quence des repas ne va probablement pas bien finir pour vous.

La figure ci-dessous montre comment les personnes obèses ont gĂ©nĂ©ralement des niveaux Ă©levĂ©s d’insuline tout au long de la journĂ©e. En revanche, les personnes minces ont tendance Ă  avoir des pics d’insuline plus brefs et moins puissants, compensĂ©s par des pĂ©riodes ou l’insuline circulant en dehors des repas est infĂ©rieure, offrant au corps la possibilitĂ© d’accĂ©der Ă  la graisse corporelle stockĂ©e pour la transformer en carburant.

Comme pour moi avec ma dĂ©pendance Ă  la cafĂ©ine, l’utilisation constante de quelque chose va conduire Ă  de la tolĂ©rance et de l’insensibilitĂ©. [14] Beaucoup de gens constatent qu’ils deviennent rĂ©sistants Ă  l’insuline Ă  cause d’une alimentation rapidement digĂ©rĂ©e hautement transformĂ©e Ă  base de glucides.

L’option du jeĂ»ne intermittent est devenue très populaire ces derniers temps. [15] [16] [17] L’objectif d’une pĂ©riode sans nourriture (ou au moins sans glucides) est de permettre Ă  votre corps de diminuer ses niveaux d’insuline et lui permettre d’accĂ©der Ă  la graisse corporelle comme carburant.

L’utilisation accrue de la graisse corporelle comme combustible pendant la pĂ©riode de jeĂ»ne se traduit gĂ©nĂ©ralement par une diminution de la prise alimentaire totale au travers de la journĂ©e.

Certaines personnes qui ont essayĂ© un rĂ©gime faibles en glucides avec un succès limitĂ© trouvent que le jeĂ»ne intermittent est ce qui leur permet d’atteindre une amĂ©lioration de leur glycĂ©mie et / ou la perte de poids qu’elles attendaient.

Je sais que pour moi, c’est le jeĂ»ne intermittent qui m’a aidĂ© Ă  amĂ©liorer ma glycĂ©mie, Ă  augmenter les niveaux de corps cĂ©toniques et Ă  dĂ©marrer la perte de graisse que je n’arrivais Ă  atteindre, mĂŞme sur une approche PalĂ©o faible en glucides.

Quand une calorie n’est pas une calorie

Vous savez peut-ĂŞtre que la nĂ©oglucogenèse est le processus par lequel le corps peut produire du glucose Ă  partir de protĂ©ines. Je n’ai rĂ©alisĂ© que rĂ©cemment que les protĂ©ines sont composĂ©es d’acides aminĂ©s glucogènes (pour environ 78%), d’acides aminĂ©s cĂ©togène (pour environ 12%) et d’acides aminĂ©s qui peuvent ĂŞtre soit glucogĂ©niques soit cĂ©togĂ©nique (environ 14%). [18]

La digestion casse les protĂ©ines en acides aminĂ©s qui circulent dans notre sang jusqu’Ă  ce qu’elles soient nĂ©cessaires pour la croissance musculaire et sa rĂ©paration (synthèse des protĂ©ines) ou d’Ă©quilibrer la glycĂ©mie (par exemple via la nĂ©oglucogenèse).

Lorsque nous ne mangeons pas de protéines ou de glucides pendant une longue période, le corps peut obtenir du glucose à partir des muscles via la néoglucogenèse. Voilà comment nous pouvons survivre à de longues périodes de famine et toujours être en mesure de fournir le glucose adéquat pour le cerveau.

“Dans une pĂ©riode de jeĂ»ne et lors ​​d’un rĂ©gime faible en glucides, autant de d’acides aminĂ©s que possible seront utilisĂ©es pour la nĂ©oglucogenèse.” [19]

Pour quelqu’un pratiquant un rĂ©gime faible en glucides, cela signifie que près de 90% des protĂ©ines ne sont pas utilisĂ©es pour la croissance musculaire et la rĂ©paration et peuvent ĂŞtre converties en glucose !

Le fait que la protĂ©ine peut se transformer en glucose comme les glucides, peut Ă  première vue sembler absurde, puis effrayant. Toutefois, il est possible d’utiliser les propriĂ©tĂ©s glucogènes des protĂ©ines comme une «astuce» pour vous aider Ă  atteindre une perte de poids et / ou des niveaux de glucose dans le sang normaux.

Le premier avantage du glucose issu des protéines est sont accessibilité selon les besoins, à partir des acides aminés qui circulent dans le sang, plutôt qu’en élevant la glycémie immédiatement, ce qui est typiquement le cas pour les glucides, en particulier si notre foie et le glycogène musculaire sont déjà pleins.

Le deuxième avantage est que cela prend de l’Ă©nergie supplĂ©mentaire pour convertir une protĂ©ine en glucose avant qu’elle ne puisse ĂŞtre utilisĂ©e en Ă©nergie. Ce phĂ©nomène est connu comme «l’effet thermique des aliments». [20]

Vous êtes probablement au courant qu’un gramme de glucide va générer un gramme de glucose qui fournira quatre calories pour être utilisé par le corps en énergie. Si vous brûlez un gramme de protéines dans un calorimètre vous aurez quatre calories de chaleur.

Cependant, pour convertir un gramme de protĂ©ines en glucose prend environ une calorie, de sorte que vous obtenez seulement trois calories pour l’Ă©nergie ou le stockage de la graisse corporelle. [21] VoilĂ ! Une calorie est une calorie mais pas en ce qui concerne les protĂ©ines converties en glucose par l’intermĂ©diaire de la nĂ©oglucogenèse.

Sam Feltham a fait une expĂ©rience intĂ©ressante, oĂą il a comparĂ© l’effet de 21 jours d’excès de calories sur une alimentation riche en glucides contre le mĂŞme nombre de calories sur une approche LCHF. Les rĂ©sultats sont rĂ©sumĂ©s dans ce tableau. Le gain de poids sur l’approche LCHF Ă©tait minime, avec des mesures de taille Ă  la baisse. Toutefois, sur l’approche riche en glucides le gain de poids Ă©tait notable. Fait intĂ©ressant, l’approche vĂ©gĂ©talienne Ă©tait seulement lĂ©gèrement meilleure que l’approche riche en glucides.

 

 

Graisse corporelle et insuline

Quand on veut rĂ©gler la demande de l’insuline et le stockage des graisses, l’alimentation LCHF est unique.

Le thème majeur qui apparaît tout au long de « The World Turned Upside Down » de Richard Feinman est que :

“Les glucides et les protĂ©ines peuvent produire de la graisse, mais, tandis que le glucose peut ĂŞtre fabriquĂ© Ă  partir de protĂ©ines, Ă  quelques exceptions près, vous ne pouvez pas faire de glucose Ă  partir de la graisse.”

L’excès de glucose Ă  partir des glucides et des protĂ©ines entre dans notre sang et en est retirĂ©, avec l’aide de l’insuline, pour ĂŞtre stockĂ© sous forme de graisse (lipogenèse).

Le tableau ci-dessous montre que le corps sĂ©crète moins d’insuline en rĂ©ponse Ă  la hausse des aliments riches en graisses. [22]

 

Si vous mettez en perspective la demande d’insuline en termes de calories ne provenant pas des graisses (glucides et protĂ©ines), on voit qu’il n’y a effectivement pas de rĂ©ponse de l’insuline Ă  la graisse !

Ce que cela signifie est que : les aliments faibles en gras, que nous consommons tous pour Ă©viter de grossir et contracter une maladie cardiaque sont le meilleur moyen d’augmenter l’insuline, ce qui facilite le stockage des graisses permettant d’accroĂ®tre la rĂ©sistance Ă  l’insuline qui est la principale chose provoquant des maladies cardiaques ! [23] [24]

Si nous mangeons globalement moins de calories notre corps va utiliser notre graisse corporelle comme source d’Ă©nergie, mais seulement si les niveaux d’insuline sont suffisamment bas pour permettre Ă  la graisse d’ĂŞtre libĂ©rĂ©e comme carburant.

Si nous essayons de perdre du poids, la prioritĂ© est de rĂ©duire la charge de l’insuline de notre alimentation. Nous pouvons alors manger de la graisse Ă  satiĂ©tĂ© tout en maximisant notre nutrition.

Est-il possible de manger trop gras ?

Alors, manger trop gras peut-il faire grossir ? Oui et non.

Si nous adoptons un rĂ©gime alimentaire riche en matières grasses qui est Ă©galement riche en glucides et en protĂ©ines, nous aurons un niveau Ă©levĂ© d’insuline et probablement un excès de calories. Ceci nous conduira Ă  stocker le glucose Ă  partir des glucides et des protĂ©ines sous forme de graisse corporelle. [25]

Toutefois, si notre alimentation est faible en glucides et modĂ©rĂ©e en protĂ©ines de tel sorte que nos niveaux d’insuline restent rĂ©duits, nous serons en mesure d’accĂ©der Ă  notre graisse corporelle comme carburant, et donc d’avoir moins faim.

En l’absence de quantitĂ©s importantes d’insuline, typiquement vous ne mangerez pas trop gras. Une faible teneur en glucides, une quantitĂ© modĂ©rĂ©e de protĂ©ines, et un rĂ©gime riche en graisses rĂ©duira votre faim, l’apport calorique et vous conduira vers une perte de poids.

Si vous avez du mal Ă  perdre du poids avec un rĂ©gime riche en graisses, une pĂ©riode de jeĂ»ne intermittent et / ou grâce au suivi de votre nourriture dans une application alimentaire (par exemple MyFitnessPal ou Cronometer) pourraient vous aider Ă  Ă©tablir vos ratios de macronutriments cibles et Ă©viter d’avaler trop de calories. Après cette pĂ©riode de ‘recalibrage’ vous devriez idĂ©alement ĂŞtre en mesure de simplement manger quand vous avez faim et arrĂŞtez quand vous serez rassasiĂ©s.

La figure ci-dessous montre le ratio de macronutriments en quatre phases d’un rĂ©gime cĂ©togène selon Stephen Phinney. [26] Notez comment dans les premières phases de l’approche cĂ©togène le pourcentage de graisses alimentaires ne doit pas nĂ©cessairement ĂŞtre Ă©levĂ©. Les glucides Ă©tant suffisamment bas pour rĂ©duire les niveaux d’insuline, au point que la graisse corporelle peut ĂŞtre utilisĂ©e comme combustible.

 

Une fois que la perte de poids désirée est atteinte, les niveaux de glucides peuvent remonter un peu, l’apport de graisses alimentaires augmentant de manière significative cela permet de fournir suffisamment de calories pour le maintien du poids.

Glucides

Les donnĂ©es alimentaires de l’indice d’insuline ci-dessous nous montrent que les glucides sont les macronutriments primaires qui gĂ©nèrent l’insuline. [27]

Les glucides sont gĂ©nĂ©ralement la principale source de glucose de l’organisme. Nous avons besoin d’un peu de glucose pour les fonctions du cerveau (environ 40g = 160 calories par jour au minimum), mais le corps peut les obtenir Ă  partir de protĂ©ines via nĂ©oglucogenèse s’il n’y a pas de glucides disponibles.

Vous avez peut-ĂŞtre entendu dire que le corps n’a pas besoin de glucides et qu’il n’y a pas de « glucides essentiels ». Ceci est vrai, mais vous devez garder Ă  l’esprit que de nombreuses vitamines importantes sont fournis avec des glucides (par exemple dans les lĂ©gumes).

L’approche optimale est d’obtenir des niveaux Ă©levĂ©s de nutriments tout en Ă©vitant les excès d’insuline et une normalisation de la glycĂ©mie. Nous pouvons le faire en sĂ©lectionnant des aliments Ă  haute densitĂ© nutritive, ayant un impact faible sur l’insuline, avec lĂ©gumes riches en fibres tels que ceux contenus dans les listes d’aliments ici .

Fibres

Tandis qu’un grand nombre des adeptes de l’alimentation LCHF ont tendance à donner la priorité à éviter les aliments contenant des glucides pour améliorer les niveaux de glucose dans le sang et atteindre une perte de poids, beaucoup de gens font aussi bien en utilisant une approche avec des légumes à haute teneur élevée en fibres. [28]

La plupart en conviennent que manger beaucoup de légumes est une bonne idée. Comme indiqué dans cet article, c’est une base solide, faiblement calorique, que d’utiliser une densité nutritionnelle élevée pour la perte de poids et la santé.

Les donnĂ©es de l’indice d’insuline soutiennent Ă©galement cette approche. Comme dĂ©taillĂ© dans cet article, la demande d’insuline des aliments est mieux prĂ©dite par les glucides nets (c’est-Ă -dire glucides totaux moins fibres indigestes) que par seulement les glucides bruts.

Les fibres indigestes neutralisent efficacement l’effet insulinogĂ©nique des glucides. On peut aussi ajouter Ă©galement, que les fibres sont dans la plus grande partie de notre nourriture, ce qui contribue Ă  la satiĂ©tĂ© et nourrit nos bactĂ©ries intestinales, ce qui est très bĂ©nĂ©fique.[29] [30]

PlutĂ´t que de prendre des supplĂ©ments de fibres, l’approche idĂ©ale est de choisir des aliments riches en fibres qui ont Ă©galement une charge d’insuline faible. Quelques exemples sont : les Ă©pinards, les champignons, le brocoli et les choux de Bruxelles. Plus d’options sont dĂ©taillĂ©es dans cette liste d’aliments.

Les aliments riches en fibres ont aussi souvent une densité nutritionnelle élevée et une faible densité calorique. En mangeant ce type de nourriture nous nous assurons que nous obtenons une excellente nutrition, avec moins de calories et nous gardons aussi notre charge d’insuline au plus bas.

Nous apprenons maintenant l’importance des fibres pour nos bactĂ©ries intestinales, ce qui influe sur le reste de notre santĂ©. RĂ©duire les glucides est un processus qui vous aidera Ă  Ă©viter toute prolifĂ©ration des «mauvaises bactĂ©ries».

Les personnes qui ne disposent pas de problèmes de sucre dans le sang peuvent bien sĂ»r utiliser des choses comme les patates douces, le riz, les lentilles et les tomates (ces aliments sont inclus dans cette liste des aliments pour la santĂ© mĂ©tabolique). Toutefois, si vous avez du mal Ă  contrĂ´ler votre glycĂ©mie vous devez ĂŞtre conscient que ces aliments vont s’ajouter Ă  votre charge d’insuline et doivent ĂŞtre rĂ©duits au minimum (ces listes d’aliments : optimales pour la perte de poids ou pour le diabète et la cĂ©tose nutritionnel sont mieux si vous ĂŞtes aux prises avec des niveaux Ă©levĂ©s de glucose dans le sang).

En rĂ©sumĂ©, maximiser les fibres est un autre outil que nous pouvons utiliser, en plus de minimiser les glucides, modĂ©rer les protĂ©ines et manger de la graisse Ă  satiĂ©tĂ©, pour gĂ©rer la glycĂ©mie et l’obĂ©sitĂ©.

Protéine

Les aliments riches en protéines ne génèrent pas une forte hausse de la glycémie par rapport aux aliments riches en glucides parce que les acides aminés digérés circulent dans le sang petit à petit pour être utilisés au besoin sans trop élever la glycémie, plutôt que de se déverser directement dans la circulation sanguine de la même manière que les glucides simples qui soulèveraient votre glycémie si vos réserves de glycogène étaient déjà pleines.

Les protĂ©ines sont Ă©galement rassasiantes et conduisent globalement Ă  une rĂ©duction de calories. Votre corps va continuer Ă  chercher de la nourriture jusqu’Ă  ce qu’il obtienne suffisamment de protĂ©ines. Une fois que vous obtenez suffisamment de protĂ©ines, vous serez plus susceptibles d’arrĂŞter de manger. [31]

Une protĂ©ine contient Ă©galement une gramme d’acides aminĂ©s essentiels et non essentiels qui sont nĂ©cessaires pour la croissance musculaire et la rĂ©paration ainsi que les fonctions mentales. Maximiser la quantitĂ© et la variĂ©tĂ© d’acides aminĂ©s qui viennent de notre alimentation est l’approche idĂ©ale plutĂ´t que d’essayer de la complĂ©menter.

Comme indiquĂ© ci-dessus, augmenter votre apport en protĂ©ines est un possible ‘Hack’ pour les diabĂ©tiques d’obtenir du glucose sans augmenter la glycĂ©mie.

Les diabĂ©tiques et les low-carbers sauront souvent limiter la consommation de glucides, et compenseront en augmentant la consommation de protĂ©ines. Ceci n’est gĂ©nĂ©ralement pas un problème parce que la protĂ©ine est plus lente Ă  digĂ©rer que les glucides et donc l’augmentation de sucre dans le sang issue de la protĂ©ine est plus lente et plus facile Ă  gĂ©rer par rapport aux glucides. Le rĂ´le du glucagon libĂ©rĂ© est Ă©galement de compenser la protĂ©ine utilisĂ©e dans la synthèse qui contribue Ă  stabiliser la glycĂ©mie.

Cependant, ce n’est pas parce que la protĂ©ine n’induit pas de pic de glycĂ©mie aussi agressif que les glucides que cela signifie qu’il ne nĂ©cessite pas d’insuline. Les donnĂ©es de l’index d’insuline indiquent que, bien que la rĂ©ponse au sucre dans le sang soit infĂ©rieure Ă  l’utilisation de glucides, la demande de l’insuline issue des protĂ©ines est encore significative.

Selon Nuttall et Gannon entre 32 et 46g de protĂ©ines alimentaires de haute qualitĂ© est nĂ©cessaire pour maintenir l’Ă©quilibre des protĂ©ines. Cela reprĂ©sente environ 6 Ă  7% des calories dans un rĂ©gime alimentaire de 2000-2500 calories. Les protĂ©ines absorbĂ©es au-delĂ  de ce niveau sont disponibles pour la nĂ©oglucogenèse.

Cela ne devrait pas ĂŞtre interprĂ©tĂ© comme indiquant que des quantitĂ©s extrĂŞmement faibles de protĂ©ines sont optimales pour la santĂ© et que l’obtention de glucose Ă  partir de protĂ©ines via la nĂ©oglucogenèse est nĂ©cessairement une mauvaise chose. Comme il est indiquĂ© dans le WFKD de Phinney les niveaux de protĂ©ines peuvent varier entre 10% et 30%, tout en Ă©tant cĂ©togène. L’approche optimale tourne autour de maximiser la quantitĂ© d’acides aminĂ©s provenant des protĂ©ines, et des vitamines et minĂ©raux des aliments Ă  base de glucides en gĂ©nĂ©ral tout en gardant la charge glycĂ©mique suffisamment basse pour que votre pancrĂ©as puisse optimiser votre glycĂ©mie.

Les protéines ingérées non utilisées pour la croissance et la réparation du corps ne disparaissent pas comme par magie. Une petite quantité (env. 12%) est convertie en cétones et utilisée comme si c’était du gras. Environ 14% peuvent être utilisés soit sous forme de glucose ou de la graisse. Mais environ 80% des protéines ne peuvent être utilisées qu’en tant que glucose.

Cette protĂ©ine glucogĂ©nique en excès des besoins structurels de l’organisme aura Ă©galement besoin d’insuline pour ĂŞtre utilisĂ©e pour l’Ă©nergie dans les mitochondries ou ĂŞtre stockĂ©e dans les cellules graisseuses.

Des niveaux Ă©levĂ©s de protĂ©ines vont gĂ©nĂ©rer de l’insuline qui permettra de rĂ©duire le mĂ©tabolisme des graisses (c’est Ă  dire des niveaux infĂ©rieurs de cĂ©tones). Si votre pancrĂ©as a du mal Ă  fournir suffisamment d’insuline pour maintenir votre glycĂ©mie, avec la charge de d’insuline supplĂ©mentaire Ă  partir de protĂ©ines, il sera plus difficile pour votre pancrĂ©as de maintenir et atteindre la glycĂ©mie optimale.

Si vous essayez de perdre du poids, l’excès d’insuline induit favorisera Ă©galement le stockage des graisses.

Nutriments et faim

De façon similaire à la relation entre protéine et faim, si vous ne donnez pas à votre corps les vitamines et minéraux dont il a besoin, il va continuer à la rechercher dans plus de nourriture.

Dans son « Perfect Health Diet » Paul Jaminet note que :

« Un rĂ©gime alimentaire nourrissant et Ă©quilibrĂ©e qui fournit tous les nutriments nĂ©cessaires dans les bonnes proportions est la clĂ© pour Ă©liminer la faim et minimiser l’appĂ©tit avec un apport calorique minime. »

Il serait logique que manger une alimentation riche en nutriments aiderait notre corps Ă  guĂ©rir et Ă  se remettre de tout ce qui pourrait ĂŞtre la cause de la rĂ©sistance Ă  l’insuline et l’obĂ©sitĂ©.

Beaucoup de gens parlent des bienfaits de divers supplĂ©ments pour diffĂ©rentes maladies et l’amĂ©lioration des performances. Mais il est probable, que la meilleure approche soit de maximiser la qualitĂ© et l’Ă©tendue nutritive de la nourriture que l’on absorbe tous les jours avant d’investir dans les supplĂ©ments.

Stockage dans le foie et sensibilitĂ© Ă  l’insuline

Une personne saine sensible Ă  l’insuline va stocker le glucose dans le foie sous forme de glycogène avec une Ă©lĂ©vation minime de la glycĂ©mie après les repas, indĂ©pendamment des macronutriments qui le composent.

 

Une personne atteinte du diabète de type 2 saura toutefois Ă©vacuer l’excès de ce glucose en le dĂ©versant dans le sang. Ce qui va provoquer des niveaux de glucose sanguin en augmentation et donc une production d’insuline supplĂ©mentaire sera nĂ©cessaire pour se dĂ©barrasser de cet excès de glucose dans le sang. L’excès de protĂ©ines non utilisĂ©es pour la synthèse des protĂ©ines contribuera Ă  remplir les stocks de glucose dans le foie et les muscles. [32]

 

Il est logique dans cette situation que vous vouliez limiter la charge de l’insuline (vis-Ă -vis des glucides et d’un excès de protĂ©ines) et affamer le foie, pour qu’il ne soit pas trop plein afin de rĂ©duire l’injection de l’excès de glucose dans le sang.

Mise en pratique

Stephen Phinney est probablement l’autoritĂ© la plus respectĂ©e sur le rĂ©gime cĂ©togène. Son « rĂ©gime cĂ©togène bien formulĂ© ou WFKD » est très utile par rapport aux autres approches diĂ©tĂ©tiques indiquĂ©es dans le tableau ci-dessous :

 

 

Vous remarquerez que l’espace WFKD est un triangle indiquant que vous devez Ă©quilibrer vos apports en glucides et protĂ©ines afin de gĂ©rer votre charge d’insuline pour atteindre la cĂ©tose nutritionnelle.

 

Vous pouvez absorber 30% de protéines et 5% de glucides, 20% de glucides et 10% de protéines et être toujours dans les limites du triangle cétogène WFKD.

 

Toutefois, si vous absorbez 30% de protĂ©ines et 20% de glucides, vous serez bien en dehors des limites d’un rĂ©gime cĂ©togène parce que vous allez produire trop d’insuline, ce qui signifie que vous serez « sortie de la cĂ©tose » (votre combustion des graisses sera ralentie).

 

La comprĂ©hension de votre charge d’insuline peut ĂŞtre la diffĂ©rence entre la rĂ©alisation de vos objectifs souhaitĂ©s Ă  partir d’un rĂ©gime faible en glucides et son Ă©chec.

 

Conclusion

  • Bien que la protĂ©ine ne soulève pas le sucre dans le sang autant que les glucides, il faut encore de l’insuline.
  • Les graisses alimentaires ne soulèvent pas votre glycĂ©mie et ne sont pas insulinogĂ©nique.
  • La nutrition optimale est de maximiser les micronutriments tout en gĂ©rant votre charge de glucose afin que votre pancrĂ©as puisse suivre.
  • En plus de gĂ©rer les glucides, la modĂ©ration des protĂ©ines, plus de fibres et maximiser la nutrition, sont importants pour optimiser la graisse corporelle et normaliser la glycĂ©mie.

Références : 

[14] Mon test gĂ©nĂ©tique 23andMe  me dit que je suis susceptible d’ĂŞtre capables de mĂ©taboliser la cafĂ©ine rapidement mais que je suis sujet  au diabète de type 2 et Ă  l’obĂ©sitĂ© !

[21] Si vous voulez plonger dans les détails sur ce que je vous recommande de vérifier Chapitre 14 de Richard Feinman son ouvrage ici

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